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L’affaire crédit foncier bloquée au tribunal 2 juillet 2008

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GABEGIE AU CREDIT FONCIER

Le tribunal bloque le sort des accusés

Le tribunal de grande instance du Mfoundi n’a pas rendu le verdict attendu hier sur les culpabilités. L’affaire crédit foncier est remise en délibéré pour le 11 juillet prochain pour des raisons inconnues

L’audience était annoncée et très attendue. Une audience au cours de laquelle le Tribunal de grande instance du Mfoundi devait prononcer un jugement dans le cadre de l’affaire Crédit foncier du Cameroun (Cfc). Il s’agit plus précisément du verdict sur les culpabilités, attendues au terme des plaidoiries de la défense bouclées en juin dernier. Aux environs de 11h30, les accusés continuent d’arriver au compte-goutte. « On vient d’arriver. On est venu en taxi », indique un gardien de prison à un gendarme. Les trois prévenus que sa collègue et lui viennent d’escorter traînent le pas à l’extérieur de la grande salle d’audience. L’un deux fume nerveusement une cigarette, tandis qu’un autre se fait souhaiter « bonne chance » par une proche. Les membres du tribunal devisent sur le balcon leur donnant accès à la salle. Ce en compagnie des deux magistrats représentant le ministère public.

C’est aux environs de 12h10 que retentit le carillon dans la salle d’audience. « Le tribunal », annonce le greffier. Et de rappeler que c’est l’affaire Ministère public et crédit foncier du Cameroun contre Joseph Booto à Ngon, Joseph Edou… Trente et un (31) accusés au total. Les présents répondent et prennent progressivement place dans le box à eux réservés. La présidente du tribunal indique le fait que certains de ces accusés ne se sont pas prononcés à l’issue des plaidoiries présentées par leurs avocats appelés par le présidente souhaite ne rien ajouter au passage de leur conseil juridique. Mais il se trouve que certains accusés sont absents. « Il arrive madame la présidente », s’explique un avocat pour le cas de son client.

C’est alors que la présidente prononce la suspension de l’audience. L’affaire est mise « en délibéré pour le 11 juillet 2008 à 10h », déclare-t-elle. Une sourde rumeur parcours la salle. Quelques jurons de désapprobation fusent. L’assistance est visiblement prise de cours. De même que certains accusés et avocats. Les membres de la cour se retirent. Ceux du parquet en font autant. Les accusés sont envahis par leurs proches. Qu’est-ce qui a motivé cette décision. « Tous les accusés ne se sont pas exprimés après les plaidoiries de leurs avocats. Et certains sont absents, pourtant il faut qu’on leur donne la parole. C’est une question de procédure », croit savoir un avocat. Me Mben Sylvestre, conseil de l’ex président du conseil d’administration du Cfc, a une autre idée. « Si on a prorogé c’est que la décision n’est pas prête », pense-t-il.

« Sous l’égide du code de procédure pénale, la décision doit être lue de la première à la dernière ligne. Pour cela, il faut qu’elle soit entièrement rédigée », ajoute-t-il. Son point de vue semble appuyé par une observation. Il n’y a pas eu de concertation entre les membres de la collégialité dans la salle. Preuve que la décision était prise avant l’ouverture de l’audience ? Difficile d’y répondre par l’affirmative. Toujours est-il que les états d’âme de certains avocats et accusés n’y changeront rien. Le tribunal vient de prolonger le suspens dans cette affaire qui dure déjà une trentaine de mois.

Edouard TAMBA

A.F. Kodock boude le procureur de la République 18 juin 2008

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JUSTICE

Kodock négocie-t-il chez Amadou Ali ?

Augustin Frédéric Kodock, le secrétaire général de l’Union des populations du Cameroun (tendance Kodock) était attendu dans les services du procureur de la République près le tribunal de grande instance du Mfoundi hier, 17 juin 2008. L’ex-ministre devait répondre à une convocation qui lui a été servie la veille. Mais les journalistes et curieux ayant fait le déplacement du parquet ont fait chou blanc. L’homme ne s’est pas présenté chez le procureur, Ntamack Jean Fils. Selon certaines sources, le magistrat voulait en savoir un peu plus sur sa gestion du temps où il était ministre d’Etat en charge de l’Agriculture.


L’absence de l’ancien ministre serait liée à tractations qu’il a engagées dans la soirée de lundi. Certaines indiscrétions révèlent que Augustin Frédéric Kodock a été aperçu dans les couloirs du ministère de la Justice aux environs de 18h. Les mêmes sources affirment qu’il demandait une audience auprès du garde des sceaux, Amadou Ali. Le Sg de l’Upc aurait finalement été reçu par le ministre de la Justice vers 19h30mn. Rien n’a filtré sur le contenu de ce tête-à-tête. Mais il est difficile de ne pas faire un lien entre le passage de A. F. Kodock au Minjustice, et son absence au parquet hier.


En attendant d’en savoir plus, ce n’est pas la première fois que l’ancien ministre en charge de l’Agriculture boude une convocation. Il avait été attendu en vain à la direction de la police judiciaire (Dpj) à Yaoundé le 1er avril 2008. Ce à la suite d’une convocation à la sous direction des enquêtes économiques et financières. C’est devant un parterre de journalistes qu’il s’expliquera neuf jours plus tard dans une salle de l’hôtel Franco à Yaoundé. Profitant de la célébration des soixante ans de l’Upc, Augustin Frédéric Kodock avait déclaré ne pas être allé à la Dpj parce que la convocation qu’on lui avait servie le 28 mars 2008 était adressée « à un individu sans identité ».


« J’ai bien reçu votre lettre adressée à monsieur Kodock Augustin Frédéric sans identité […] je ne peux pas accepter de m’associer à une action pour salir l’Etat », s’en était-il défendu. Arguant que « l’humilier devant l’opinion, c’est humilier l’Etat ». Le Sg de l’Upc (K) avait à l’occasion rappelé que l’objet de sa convocation est « une affaire classée ». Il s’agit d’une affaire liée au projet d’appui à la protection du verger cacao-café (Ppvcc), mis sur pied en 2003. En juin 2006, un audit commandé par le successeur de A.F. Kodock et l’enquête menée par l’Association pour la défense des intérêts collectifs (Acdic) avaient épinglé A. F. Kodock. Ce dernier avait affirmé avoir géré en toute transparence. Mais apparemment ses déclarations n’ont pas convaincu.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 18-06-2008

Que vaut l’Etat du Cameroun dans le capital de la Sic ? 18 juin 2008

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JUSTICE

Que vaut l’Etat dans le capital de la Sic ?

Gilles Roger Belinga et ses avocats affirment que l’Etat du Cameroun n’est pas actionnaire majoritaire de la Sic. Ceux-ci pensent que la procédure doit être sanctionnée par la nullité absolue

Le Tribunal de grande instance du Mfoundi s’est-il trompé dans le cadre de l’affaire de détournement de deniers publics à Société immobilière du Cameroun (Sic) ? L’ex directeur général de cette société, Gilles Roger Belinga, et ses avocats en sont convaincus. En témoigne les propos tenus par eux hier, 16 juin 2008, devant la Cour d’appel du Centre. Gilles Roger Belinga et dix-huit (1 8) autres accusés sont de nouveau devant la justice ; les deux parties ayant fait appel à l’issue du jugement rendu le 20 septembre 2007 par le Tribunal de grande instance du Mfoundi. « La Sic est un société anonyme ; gérée selon les règles de la comptabilité privée, conformément à l’article 45 de ses statuts ». Clame l’ex directeur général, condamné en premier ressort à 35 ans d’emprisonnement ferme pour détournement de deniers publics.

« Il n’y a aucun contrôleur financier, aucun agent comptable, aucun comptable matière désigné par le ministère des finances. La Sic ne bénéficie pas de subventions annuelles de l’Etat… La Sic ne gère pas les deniers publics, elle n’est ni une coopérative, ni une collectivité, ni un établissement qui soit public », poursuit Gilles Roger Belinga. De plus, « la Sic n’est pas sous la tutelle administrative de l’Etat », ajoute-t-il. Ce pour montrer à la Cour qu’il ne saurait tomber sous le coup de l’article 184 du code pénal qui réprime les détournements de deniers publics. L’ex Dg enfonce le clou en relevant que l’Etat du Cameroun n’est pas l’actionnaire majoritaire de la Sic. « Il n’y a pas de preuve à ce jour que l’Etat est l’actionnaire majoritaire à la Sic », dit-il. Arguant que « les actions de l’Etat sont à libérer depuis 1952 à ce jour ». [année de création de la Sic, ndlr],

« Arrestation cavalière »

Ce qui entraîne d’après lui, « l’irrecevabilité de l’action publique ». L’ex Dg demande à la Cour présidée par Mme Ndo d’infirmer les jugements l’ayant déclarés coupable par le Tgi du Mfoundi. Car en plus du statut de la Sic, le respect de la procédure n’aurait pas été observée. « J’ai été victime d’une arrestation cavalière », se plaint G.R. Bélinga. C’était « le 21 février 2006 à 6h à son domicile à hippodrome par les éléments de la police judiciaire. Ils l’ont emmenés à 21h40 chez le procureur de la République », relate l’un des conseils, Me Nouga. A l’en croire, son client a été interpellé sans mandat d’arrêt et sans notification des soupçons pesant sur lui. Ce en violation du Code d’instruction criminelle (Cic), en vigueur avant l’avènement du Code de procédure pénale le 1er janvier 2007.

« Le ministre de la justice a ordonné son arrestation », s’étaient entendus dire verbalement les conseils de Gilles Roger Belinga. Me Nouga révèle que les rapports d’expertise mettant en cause la gestion de son client, ont été notifiés à ce dernier après son audition par le juge d’instruction. L’avocat pense que son client est victime d’une opération politique. « Madame le président, que épervier arrange ses problèmes là-bas chez lui, et non chez vous », lance-t-il à la Cour. Le rapport d’expertise mettant en cause Gilles Roger Belinga est contesté par Me Keou. Il remet en question la qualité de l’expert Mendouga ; observant qu’il n’est ni agréé par la Cemac, ni inscrit à la Cour d’appel du Centre.

Plus grave selon lui, le rapport « viole le principe du contradictoire » qui est « un recours obligatoire ». Et la méthode d’ « échantillonnage » employée par l’expert « est un fausse méthode d’investigation », assène Me Keou. Au vu des exceptions soulevées, la défense invoque l’article 3 du code de procédure pénale pour demander la nullité de la procédure pour violation des droits de la défense. En attendant la réplique du parquet général et de la Sic, les débats se poursuivent ce mardi 17 juin 2008.

Edouard TAMBA

In Le Messager du 17-06-08

“Trois mères” aux Ecrans noirs 2008 5 juin 2008

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TROIS MERES

Les triplettes et leur placard rempli de squelettes

De révélations en révélations le film de Dina Zvi-Riklis laisse découvrir les multiples secrets d’une famille. Le déroulement de l’intrigue tient le spectateur en haleine

 

Le programme annonçait « Le destin d’un guerrier », du Camerounais Nzawemi Guillaume, et « Un matin bonne heure » de Gahité Fofana du Ghana à l’Abbia mardi dernier. Le public est pris de cours lorsque s’affiche le titre : « Trois mères ». Un film réalisé par l’Israélienne Dina Zvi-Riklis. Des cris de désapprobation fusent dans la salle. D’autres préfèrent sortir. Les restants se contentent du film des descendants de Abraham, à défaut de celui des Ashanti. Un film en hébreux, sous-titré en français où on chante quelque fois en arabe. C’est l’histoire de triplettes nées d’une femme sage-femme. Flora, Yasmine et Rose. Elles grandissent sous l’encadrement paternel après le décès de leur mère. Les triplettes s’aiment tellement qu’elles vieillissent ensemble. Mais Yasmine souffre d’insuffisance rénale. Il ne lui reste que trois mois à vivre si elle n’obtient pas une greffe, là prévient le médecin.

Sentant les jours qu’il lui reste à vivre comptés, elle fonce chez sa nièce, Rucha, se confier. Face à une camera. Et la jeune fille en mal de fécondité d’apprendre de sa tante que ses cousins Amnon et David sont les fils jumeaux d’une même mère: Yasmine..  Mais personne ne sait où se trouve Amnon. David est au Canada et sa mère souhaite que la casette lui parviennent après son décès. La pauvre Rucha tombe des nues. Elle en touche un mot à sa mère, Rose. Mais Rose là tourne en bourrique. Puis prend le soin de se renseigner chez Flora. L’omerta a été brisée par la troisième. Rucha qui n’arrive toujours pas une faire un enfant, malgré les assauts quotidiens de son époux, reçoit la visite surprise de Flora. Elle aussi veut parler. Caméra à l‘appui. Elle avoue qu’effectivement, Amnon est le fils de Yasmine. Elle a dû le « donner » à sa sœur. L’époux de cette dernière ayant perdu l’usage de ses organes de reproduction après un accident de travail dans le chantier de l’époux de Yasmine.

L’enfant a changé de famille contre l’avis de son père. La mère a du mal à supporter la séparation. Ses sœurs la consolent. Patatras ! Des agents du service social débarquent. Selon eux, la procédure est illégale. Par conséquent, l’enfant est arraché à ses mères pour une direction inconnue. Qui a mouchardé ? « Ce n’est pas important ». Réplique Flora. Rucha apprend au passage que sa mère, star de la chanson, trompait son père. La pauvre fille n’en peut plus moralement. Heureusement, elle a enfin un retard. Mais les triplettes n’ont pas les 50 000 dollars nécessaires à la greffe du rein. L’époux de Yasmine, Ménashé, visiblement plein aux as, refuse de céder le moindre kopeck. Rucha en veut à cette mère aux cuisses légères. Mais Rose se met aussi à table.

C’est son époux qui avait livré le secret des sœurs aux services sociaux. Mais à la veille du départ de la famille pour les Etats-Unis, ce dernier est frappé d’une crise d’asthme. Il en meurt. Son inhalateur ayant été caché par Flora. Elle aussi perd son époux invalide quelques années plus tard. Et les triplettes s’en retournent vivre dans la maison de leur père. « Nous avons été meilleures sœurs que mères », conclut-elle. Ménashé finit par donner les 50 000 dollars pour l’opération de son ex épouse en Egypte. C’est sur cette terre natale qu’elle rend l’âme. Entre ses sœurs. Rucha est enceinte de jumeaux. Le public, visiblement ému, applaudit timidement. « Je ne regrette pas d’être resté. Ce film parle des choses de la vie », se réjouit un spectateur.

Edouard TAMBA

In Le Messager du 05-06-08

 

Entretien avec le réalisateur Dominique BIHINA 4 juin 2008

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Dominique BIHINA

 

« Je devrais concourir pour l’Ecrans de l’espoirs »

Après Magic Fm, Ariane télévision et Canal international, le jeune réalisateur se lance dans le cinéma. Celui qui se faisait appeler Dj Scotch a présenté son premier long métrage professionnel aux Ecrans noirs. « Nkuk, le totem » a été projeté lundi dernier sans grand monde. Mais Dominique est plus déçu par le fait que son œuvre ne soit pas en  compétition

 

 

Quelles sensations éprouve un réalisateur qui  présente sa toute première production cinématographique professionnelle au festival Ecrans noirs ?

Je dois avouer que c’est un réel plaisir pour moi. Surtout que c’est toujours bien de faire un travail, et de ne pas le garder dans les tiroirs. C’est un plaisir réel qu’il y ait des gens dans la salle qui regarde le film. Vous imaginez des gens dans la salle qui regarde le film sur grand écran. Ca donne une autre impression que le film à la maison. Et qu’à la fin de ce film, les gens applaudissent. Même s’ils ne sont qu’au nombre de quinze, comme c’est le cas pour mon film où une quinzaine de personne était présente. J’ai eu l’impression qu’il y avait plus de cent personnes à applaudir. Ca veut dire que le film était bon. C’est une satisfaction d’avoir participé à ce festival.

 

Que gardez-vous justement de l’attitude du public tout au long du film ?

Il y a des réactions qui vous permettent de comprendre que vous n’êtes pas hors circuit. Vous êtes sur une bonne ligne, vous avez fait un travail de fond et de forme que les gens apprécient. Je vous avoue que la salle était très calme durant toute la projection. C’est la toute première fois que je regarde un film durant lequel les gens ne font pas de bruits de la salle. J’ai même eu l’impression que les gens avaient froid.

 

Malheureusement votre film n’est pas en compétition pour l’Ecran de l’espoir. Pourquoi ?

Je suis franchement frustré. Surtout pour le contenu du film. C’est un film africain qui présente la tradition bantoue. J’y ai ramené l’Afrique au moins 50 ans en arrière ; dans un environnement de pygmées en forêt équatoriale. Ce autour d’une histoire assez originale sur le « nkuk ». Chez les beti, c’est le totem. Les gens n’aiment pas en parler, pourtant ce sont des rites que nos ancêtres nous ont légués. Que à la fin on mette ce film de côté me frustre. Malgré les explications du genre : le film peut encore passer en compétition dans l’une des trois prochaines éditions. Je devrais concourir pour l’Ecrans de l’espoir, puisque c’est mon premier film en professionnel. C’est une véritable frustration. S’il y a difficulté, cela veut dire que vous avez fait du bon travail. Je vais envoyer mon film dans d’autres festivals. Et je prépare déjà mon prochain film pour 2009.

 

Combien ce film vous a coûté en terme de temps et d’argent ?

Je ne peux vraiment pas vous donner une idée sur le montant. Parce que je suis moi-même le producteur du film. J’y ai mis 5 à 6 mois de mon salaire, en plus d’autres sommes que j’avais mises de côté. J’ai eu l’appui des acteurs, ils ne m’ont pas demandé grand-chose. J’ai aussi eu l’appui de mes confrères technico-artistiques qui sont venus m’aider. J’ai dépensé beaucoup d’argent, et je dois encore en dépenser puisque le film vient de sortir. Il y a trois ans que nous avons commencé ce film. Aujourd’hui c’est fait et on ne regrette pas ces dépenses.

 

Interview réalisée par

Edouard TAMBA

In Le Messager du 04-06-08