Pr. Tsalefac explique les mutations du climat à Yaoundé 15 février 2008
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Les saisons sont stables mais leur contenu peut changer
Le climat de Yaoundé semble détraqué. Vent sec et frais en matinée, grosse chaleur en journée, puis retour de la fraicheur en soirée… Le spécialiste du climat et maître de conférence à l’université de Yaoundé I explique.
On observe un climat frais et sec à Yaoundé ces derniers jours. C’est du à quoi ?
Actuellement prévaut à Yaoundé un climat très contrasté. C’est à dire parfois il chaud en journée, très frais à l’aube, avec beaucoup de poussière. C’est pour cette raison que la peau à tendance à sécher et blanchir à cause des particules de poussières qui se déposent. Le temps qui prévaut est un temps de saison sèche. C’est l’air froid venant des régions polaires et tempérées. Cela est lié à l’Harmattan, aussi appelé Alizé du nord-est. Ce vent vient du Sahara. Pendant cette période de l’année, il est particulièrement vigoureux. C’est l’hiver dans l’hémisphère nord, et cet hiver nous envoie des vents très froids qui renforcent l’anti-cyclone sahélien. Et cet anti-cyclone a la possibilité de nous envoyer la brume sèche observable ces derniers temps. Pour me résumer, quand c’est l’hiver dans l’hémisphère nord, les vents froids descendent jusqu’à la latitude du Sahara. Les anti-cyclones qui y sont s’en retrouvent revigorés, et peuvent propulser la brume sèche jusque dans les région forestières du sud.
Ce climat souvent observé dans les années antérieures semble être arrivé plus tard. Y a t-il une explication ?
Ça commence en principe au mois de décembre. Plus précisément entre fin novembre et début décembre. Mais cette année, puisqu’il a beaucoup plut en décembre, on n’a pas eu le climat habituel. On a plutôt eu un temps généralement observable vers la fin du mois d’octobre. C’est maintenant que la saison sèche s’installe. Ces particules de poussières dans l’air, servent aussi de support pour l’eau atmosphérique. C’est à dire que pour qu’il pleuve, il faut que ces particules s‘agglomèrent autour des particules de poussière. Cette eau prend ainsi du poids et tombe sous forme de pluie. Si on a ces particules de poussière dans un environnement qui est parfois humide il peut pleuvoir à contre temps. Si on a eu droit à des pluies au début de ce mois de janvier, c’est parce que ces particules venaient en même temps que l’air était très humide. Donc elles ont provoqué la conjonction particules de poussière-humidité. D’habitude, ces pluies tombent avant Noël. Et on les appelle les « pluies de Noël ». Mais il pleuvait tellement en décembre qu’il n’y avait plus lieu de distinguer ce qui était « pluie de Noël » et ce qui ne l’était pas.
La population a du mal à supporter ce froid sec. Combien de temps cela va encore durer ?
Il faut donc bien se oindre, pour ne pas voir sa peau se craqueler ou ses lèvres sécher. Le temps va être sec en journée, avec de la chaleur. Comme il n’y a pas suffisamment de nuages, le temps est contrasté. C’est pour cette raison qu’on passe d’un temps chaud à un temps très frais. Habituellement, ce sont les nuages qui font qu’il n’y a pas de très grandes variations de température. En principe, la saison sèche doit durer jusqu’en début mars. On devrait entrer dans la saison de pluie dès la deuxième quinzaine du mois de mars.
Ces pluies à « contre temps » semblent remettre en question les leçons apprises sur le climat du Cameroun en général et de Yaoundé en particulier ?
C’est bien valable. Parce que cette division là qu’on nous apprise à l’école est liée à la révolution de la terre autour du soleil. De ce fait, le soleil se situe à la verticale pendant les équinoxes. Pendant les solstices d’été, il peut être à la verticale au tropique du Cancer ou du Capricorne. Ce sont ces positions du soleil qui permette en principe de passer de l’été à l’hiver. Parce que, si le soleil est à la verticale au tropique du Capricorne, c’est à dire dans l’hémisphère sud, à ce moment là, nous sommes dans l’hiver à l’hémisphère nord. S’il est à la verticale au tropique du Cancer, c’est l’hiver dans l’hémisphère sud. Ces divisions tiennent compte de la position du soleil.
Est-ce à dire qu’on est à l’abri des effets du réchauffement climatique ?
Maintenant, le contenu de ces saisons là, nonobstant la position du soleil, en terme d’humidité peut changer. Parce que dire que le soleil est à la verticale au tropique du Cancer implique que notre pays est envahi par la mousson. Le contenu de cette mousson là peut changer. C’est ce qu’on appelle les changements climatiques. Donc quand on parle de changement climatique, ce n’est pas pour dire que les saisons n’existent plus, mais que leurs contenus en terme humidité et de chaleur est plus ou moins altéré. Ce à cause du fait qu’on est devenu plus nombreux, on consomme beaucoup plus, on abat les arbres, on produits les gaz à effet de serre…
Vous savez que l’atmosphère au dessus de la terre est devenue plus épaisse. Cela empêche les rayons solaires arrivés sur la terre de pouvoir s’échapper. Ce réchauffement là entraîne la fonte des neiges et la montée du niveau des océans. Si la neige fond et le niveau des eaux augmente en même temps qu’il y a de forte chaleur, le cycle évaporation - précipitation va être plus ou moins intense et perturbée. Et on va observer des précipitations en saison sèche. Puisque le calendrier solaire prime pour le moment sur ces perturbations, on aura toujours les grandes divisions. A la longue, on va constater quand on va étudier la répartition des pluies, on va observer qu’il y avait beaucoup plus d’eau en saison sèche qu’avant. Ce qui peut être la traduction des changements climatiques chez nous
Entretien avec
Édouard TAMBA
Janvier Mbarga rêve d’une première Can 8 janvier 2008
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Janvier MBARGA
A la veille de son départ au Burkina Faso pour le stage des Lions, le jeune portier s’exprime la prochaine Can et son avenir au Canon de Yaoundé.
La Can, mon rêve
Seul amateurs à faire partie des présélectionnés pour la Can. Coup de chance ou alors vous êtes plus bon que les autres ?
Plus bon que les autres, je ne dirais pas. Peut-être chanceux. Grâce à Dieu je suis là. C’est plus la chance que le mérite. Ca aurait pu être un autre, mais c’est moi. J’en remercie le Seigneur.
Comment comptez-vous aborder la compétition si vous êtes retenu ?
Si je suis retenu, j’essaierais d’avoir le maximum de concentration, d’avoir la philosophie du groupe. Etre comme les autres, demander conseil aux anciens pour savoir comment ils font pour être en plein dans la compétition.
Une bonne Can ouvre les portes des championnats occidentaux. Hésiterez-vous à partir de Canon ?
Je n’hésiterais pas à partir, si une bonne opportunité s’offre à moi. Je ne partirais pas pour partir, ou aller caler et souffrir quelque part. Il faut que ce soit une bonne opportunité. J’aime le Canon, je m’y plais bien. Il faut vraiment une très bonne proposition pour quitter le Canon.
Et si vous n’étiez pas retenu au finish ?
Si je ne fais pas partie des 23, je vais regarder les matches à la télé comme la plupart des Camerounais, et continuer à travailler.
Réalisé par
Edouard TAMBA
Inédit
La famille du défunt chef Batcham dénonce un crime 26 décembre 2007
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Emmanuel DJIATIO
Choqué, le frère aîné du défunt chef s’exprime sur les circonstances du décès qu’il considère comme étant un crime.
« Les auteurs de ce crime seront traqués par tous les moyens »
Dans quelles circonstance est survenue le décès de votre frère cadet, le chef supérieur Batcham ?
J’aimerais d’abord dire que c’est avec beaucoup d’émotion que j’ai appris hier à 13h que mon frère n’est plus. Tout de suite je me suis lancé à la recherche et à la clarification de l’information. Toutes les sources d’informations recoupées, indiquaient que mon frère serait sorti la veille [17-12-07, ndlr] pour fêter la naissance d’un garçon chez l’une de ses épouses. Il est retourné tard dans la nuit, fatigué et est allé chez une de ses épouses se reposer. Laquelle a bien voulu le matin lui offrir le petit déjeuner et a remarqué qu’il était profondément endormi. C’était un jour de tribunal coutumier. Les responsables de ce tribunal ayant terminé l’audience, avaient besoin de son avis pour les conclusions des affaires qui étaient à l’ordre du jour. A ce moment, son secrétaire a exigé que son épouse le réveille, avec beaucoup d’insistance. Car plusieurs personnes souhaitaient le rencontrer pour des choses urgentes. Entre 11h et 12, ils se sont rendus compte qu’il était mort depuis longtemps.
Est-ce à dire qu’il n’y a encore aucune précision sur les causes de ce décès ?
Après l’annonce de son décès, les autorités administratives des Bamboutos et celles de la province de l’Ouest, notamment le préfet des Bamboutos, le médecin de l’hôpital provincial de Bafoussam, celui de Mbouda et celui de Batcham se sont aussitôt mobilisé avec l’arsenal de sécurité pour aller s’enquérir de la situation de cette mort brusque. Il faut rappeler que mon frère meurt comme ça à 36 ans, après six ans de règne seulement. Ils se sont rendus à Batcham, et ont exigé que l’autopsie soit faite. Ce qui a été fait, et nous attendons que le corps médical rende publique les causes de cette mort. Une enquête traditionnelle a été ouverte. C’est-à-dire que les notables et un certain nombre de personnalités traditionnelles sont sur une piste. Parallèlement une enquête judicaire est en cours. Actuellement, toutes ses épouses et ses proches sont entrain d’être entendus. Nous attendons que toutes les conclusions soient formulées pour que nous ayons toute la lumière sur cette mort soupçonneuse et brusque. Une mort pour laquelle nous pensons qu’un grand vide va rester à Batcham. Au regard des chantiers amorcés.
Avez-vous une idée de l’atmosphère qui a prévalu à la chefferie pendant le règne de votre frère surtout qu’il est arrivé au trône dans la contestation ?
Comme toutes succession, il y a eu quelques tribulations qui ont été rapidement calmées. Mais j’avoue que mon frère avait un règne de nouvelle vision. Jeune de son état, intellectuel et extrêmement dynamique. Il était prêt à mettre un certain nombre de chose en ordre. Dans un pays où la transparence est rare. Je ne vais pas mettre son décès au compte de cela. Mais il n’est pas exclu que avec toute l’énergie qu’il déployait pour refaire l’autorité traditionnelle et le fonctionnement du village, il pourrait avoir des gens tapis dans l’ombre qui lui en voulait. Il est quand même à noter que quelqu’un qui meurt à cet âge là, sans être malade… Il revenait de Bertoua où il était aller assister à l’installation du gouverneur Lele Lafrique. On s’est même vu à Yaoundé quand il rentrait. Je suis extrêmement choqué par une situation comme celle là. Les enquêtes vont se poursuivre, et je puis vous assurer que la famille insiste pour que toute la lumière soit faite sur ce scandale. Les auteurs de ce crime seront traqués par tous les moyens.
Réalisé par
Edouard TAMBA
Les bacs à ordures sont incontournables à Yaoundé 26 décembre 2007
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Emmanuel NGNIKAM
“ Yaoundé sans bac à ordures n’est pas envisageable”
Docteur en sciences et techniques de déchets, et co-auteur avec Dr Emile Tanawa, de l’ouvrage “ Les villes d’Afrique face à leurs déchets ”, il explique pourquoi Yaoundé ne peut se passer des bacs à ordures et préconise des méthodes alternatives.
Peut-on envisager une ville comme Yaoundé sans bacs à ordures dans la rue ?
Yaoundé sans bac à ordures pour l’instant, et pour un horizon lointain n’est pas envisageable. Ce pour deux raisons principales. La ville de Yaoundé n’a pas de route. On est à moins de 15 Km par hectare (Ha) urbanisé. En urbanisme, le ratio optimal c’est autour de 40 Km de route /Ha urbanisé. Avec ce déficit criard de voirie, il y a des zones qui ne sont pas accessibles par camion.La seule possibilité pour ces personnes-là de pouvoir être desservies, c’est qu’elles puissent verser leurs ordures dans un bac placé à un endroit accessible par camion.
L’autre raison tient du fait que les quartiers de Yaoundé ne sont pas construits de la même façon. Il y a les quartiers dits à habitats spontanés, où les habitants sont à plus de 400 voir 500m des routes carrossables. Le porte-à-porte n’y est pas envisageable. Pour celui qui a la volonté d’enlever ses déchets, s’il entend même le klaxon du camion, il n’arrivera pas en route à temps. Il faut aussi relever que tous les ménages n’ont pas quelqu’un à la maison en permanence. Les parents travaillent et les enfants vont à l’école. Les périodes de production d’ordures chez ceux-là ne correspondent pas toujours à la fréquence de passage des camions. Donc le bac à ordures leur permet de faire sortir leurs ordures, avant le passage du camion.
Pour ces principales raisons, on ne peut pas envisager, même à moyen terme, de faire une collecte des déchets sans bac. Le porte-à-porte n’est envisageable que pour certains quartiers. A condition que les ménages soient accessibles, et qu’il y ait un accompagnement social en terme de communication et de sensibilisation.
La collecte d’ordures par la méthode du porte-à-porte semble pourtant réussir en Occident et dans quelques villes d’Afrique…
En Afrique subsaharienne, je ne connais pas de ville qui ne fasse que le porte à porte. Parce que la description que j’ai faite de Yaoundé est valable pour ces villes. Dans les villes européennes où le porte à porte est privilégié, ils ont réuni deux atouts assez forts. Chaque ménage y a une adresse ce qui suppose qu’ils sont accessibles par véhicule. Les communes y ont pu convaincre les habitants, de sorte que chaque habitation a une poubelle normalisée ; munie d’un couvercle. Une telle poubelle permet de stocker les ordures à la maison sur une période relativement longue, et sans trop de risques. Ce qui est loin d’être le cas chez nous. Ici vous ne pouvez pas stocker les déchets pendant plus de deux jours sans être gêné par les odeurs. C’est pour ces raisons que le porte à porte marche en Occident. Jusque-là, ils combinent avec les bacs. Tous les lieux qui peuvent rassembler des personnes ont des bacs. C’est aussi le cas à l’entrée des immeubles collectifs.
Quelle est, à votre avis, la solution pour une bonne maîtrise des déchets ?
La meilleure façon de maîtriser nos déchets, c’est d’abord de pouvoir les collecter convenablement. Si on peut sortir toutes les ordures produites, et les stocker à un endroit bien maîtrisé à l’abri des impacts sur l’environnement. Le reste en termes de valorisation et de traitement vient après. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas encourager les initiatives. En le faisant, il faut être conscient que ces initiatives ne peuvent traiter qu’une partie des déchets que nous produisons. Sachons d’abord bien les collecter, et bien les mettre en décharge. Déjà dans notre contexte, malheureusement, on n’a pas de décharge. En dehors de Yaoundé qui peut se prévaloir d’une décharge acceptable, aucune ville du Cameroun n’en a une. Même pas Douala.
Que faut-il justement faire, pour optimiser cette collecte des ordures ?
Si on veut arriver à sortir l’essentiel de nos déchets, il faut qu’en plus du travail fait par Hysacam, qui est louable et indispensable, on allie des opérateurs qui n’ont pas les mêmes moyens d’intervention, et qui puissent aller chercher les déchets dans les quartiers avec des moyens beaucoup moins performants que les camions. Notamment les pousse-pousse et le transport manuel. Il y a déjà quelques initiatives du genre sur le terrain. Je pense qu’elles méritent d’être soutenues par les pouvoirs publics.
Entretien avec Edouard TAMBA
In Le Messager du 21-11-2007



