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Des artistes camerounais “otages” en Guinée équatoriale 2 juillet 2008

Posted by TAMBA in Arts et Cultures.
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FILOUTERIE

Des artistes camerounais bloqués à Bata

La nouvelle diva du bikutsi, Lady Ponce, était attendu hier, 2 juillet 2008, en après midi dans la salle du cinéma Abbia. Le public avide de découvrir son nouvel album a du se contenter des autres artistes programmés. Et pour cause, Lady Ponce est bloquée à Bata en Guinée équatoriale. Ainsi que vingt-deux autres artistes camerounais. Le retour au Cameroun, prévu pour lundi dernier a été renvoyé au lendemain. Jusqu’à hier soir, ils y étaient encore. C’est samedi passé que la brochette d’artistes a débarqué en Guinée équatoriale. Ce pour un spectacle organisé par Théodorin Nguema Obiang, fils du président équato-guinéen. Le show s’est déroulé dimanche, le 30 juillet, comme prévu selon des témoignages. C’est au lendemain de leur prestation que chanteurs, musiciens et danseurs ont commencé à déchanter.

« Ils n’ont rien perçu. Même pas un radis », confie un proche de Lady Ponce alerté par cette dernière. Cette partie du contrat devrait être réglée par Elvis Kemayou. C’est d’ailleurs lui qui est venu négocier le « marché » avec les artistes au Cameroun. Aucune trace de Elvis Kemayou jusqu’à hier soir. « Ils ne sont pas menacés, ils sont logés et pris en charge à l’hôtel par les organisateurs », précise la source. La même source affirme que Claudia Dikosso, Patou Bass, Valery Medjo, Bertrand Eva, Ledoux Marcellin… font partie des « otages ». « On n’a pas du tout de problème. Nous sommes logés à l’hôtel de l’épouse du président de la République », dément Lady Ponce, joint au téléphone par nos confrères de Radio Siantou, hier.

A propos de l’attitude de Elvis Kemayou elle va dans le même sens. « Je ne suis pas là pour faire un procès. Je vous ai dit qu’on a aucun problème. On s’apprête à rentrer au Cameroun. Je ne sais pas de quoi vous parlez », s’énerve-t-elle. Mais un proche finira par lui tirer les vers du nez. Plus calme, elle avoue que « le moral est à zéro », et qu’elle donnera des détails une fois rentrée au Cameroun. Loin d’être sereine elle ne comprend que ses confrères et elle soient mis au petits soins alors qu’ils ont d’autres engagements. « On est pas venu ici manger, monter dans les grosses voitures et regarder la mer », se plaint-elle. Et de préciser qu’on leur avait promis l’avion présidentiel pour le voyage retour. Mais l’avion aurait eu un problème. Quoi qu’il en soit, c’est au retour de ces derniers qu’on saura ce qui s’est exactement passé en Guinée équatoriale.

Edouard TAMBA

In Le Messager du 03-07-08

Patricia MOUNE MBEDE fait le bilan des Ecrans noirs 2008 10 juin 2008

Posted by TAMBA in Ecrans noirs 2008.
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Patricia MOUNE MBEDE

« On va revaloriser le montant des primes »

La directrice du festival Ecrans noirs revient sur le déroulement de la 12e édition.

La satisfaction que vous affichez est-elle un signe que vous pensez avoir mieux fait que l’an dernier ?
Certainement beaucoup mieux que l’année dernière. Pratiquement le même niveau qu’en 2006 à l’occasion de la 10e édition qui était une grande édition. Cette année a l’avantage de la compétition qui fait que quand on sollicitera les films, on va crouler sous les offres de participation à la compétition. Parce que les gens ont bien vu que ce n’était pas du pipeau, avec des prix largement à la hauteur du festival. Donner 5 millions à un premier prix, je pense qu’il y a très peu de festivals qui réussissent à le faire en Afrique, mis à part le Fespaco.

 

Il y a eu cette année beaucoup plus de productions camerounaises que par le passé. Mais on observe aussi que plusieurs productions camerounaises remarquables n’ont pas été diffusées durant le festival. Pourquoi ?
Il y avait un délai de dépôt (30 avril 2008, Ndlr). On a même prorogé jusqu’au 10 mai pour les longs métrages, parce qu’on avait beaucoup plus de courts métrages. Certains ont plutôt déposé des Vcd sans leurs adresses. C’était compliqué de les joindre, parce qu’on ne diffuse pas les Vcd. Il y a des formats qui n’étaient pas adaptés. Pour certains, même si l’histoire était belle ; la qualité n’était pas adaptée. Ce qui fait qu’on a eu une soixantaine de dépôts, mais on ne pouvait pas tous les sélectionner.

Ce festival a été entaché de problème de programmation et de respect des films annoncés…
On a un gros problème. C’est le cas de la salle du cinéma Abbia. Beaucoup de réalisateurs avaient leurs films programmés à l’Abbia, dont certains en compétition. On était obligé de repasser le film ailleurs parce que la qualité n’était pas très bonne. Il se pose un réel problème de salle de cinéma au Cameroun. La solution, c’est que l’Etat, ou un privé construise une salle aux normes ou alors de choisir la solution du pré-fabriqué avec du matériel numérique performant.

Durant le festival, on n’a pas vu beaucoup de monde dans les salles. Avez-vous une explication ?
Justement. Il faut bien constater que la salle qui n’arrivait pas à avoir de l’affluence c’était le cinéma Abbia. On revient au même problème. Au niveau du village du festival, il y avait au moins 600 personnes tous les soirs. Mais cela est dû à un contexte précis. Avant, l’Abbia était plein parce que c’était une salle où les gens avaient leurs habitudes. Maintenant, les gens ont de moins en moins l’habitude d’y aller. Et festival ou pas, ils ne changent pas leurs habitudes. Le Centre culturel français et le Goethe institute n’ont pas eu le même problème. Il faut aussi observer que l’Abbia a une grande salle. Si elle n’a que cent spectateurs, elle paraîtra vide. Alors que cent personnes, ce n’est pas rien. Dans tous les festivals, il y a des séances qui ne sont pas pleines. Vous ne pouvez pas faire un festival et avoir la salle pleine à 100% tous les jours.

Vous avez innové cette année avec des concours récompensés à hauteur de 1 à 5 millions. Les cinéastes peuvent-ils avoir l’assurance qu’il en sera désormais ainsi ?
Je pense que le festival Ecrans noirs va mettre un point d’honneur à ce que ce soit toujours comme ça. Il y va de sa crédibilité. On ne peut pas se mettre à ce stade là et reculer. On va augmenter la mise. Peut-être pas l’année prochaine, peut-être dans deux ou trois ans, en fonction des partenaires.

 Entretien avec Edouard TAMBA
In Le Messager du 10-06-2008

La razzia de la Rdc au Ecrans noirs 2008 10 juin 2008

Posted by TAMBA in Ecrans noirs 2008.
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ECRANS NOIRS 2008

Le Congo démocratique en force

Les projecteurs se sont éteints sur la 12e édition des Ecrans noirs samedi, 7 juin dernier. Rendez-vous pris pour le 13 juin 2009.

Et de six pour le réalisateur congolais Balufu Bakupa Kanyinda. Son long métrage, « Juju factory » a remporté l’Ecran d’Or à l’issue des délibérations du jury. Un prix de plus pour cette métaphore de l’histoire du Congo. Cet autre sacre intervient après le « Tyrol award best film », obtenu à l’Innsbruck international film festival en Australie, le « Golden show award best film », remporté au Zanzibar international film festival en 2007, le meilleur film du Kenya international film festival en 2007, le meilleur film du Festival de cinéma africain d’Apt en France en 2007 et le meilleur rôle féminin au Festival cinema africano bari en Italie.
En recevant cette sixième distinction, Balufu Bakupa Kanyinda s’est montré ému devant le public du palais des Congrès de Yaoundé. Surtout que le trophée et le diplôme sont accompagnés d’une somme de cinq millions Fcfa. Il s’agit de l’apport de celui qui patronne la 12e édition des Ecrans noirs, le président de la République du Cameroun, Paul Biya. « C’est le plus important de ma carrière », avoue le lauréat. Son compatriote Dieudonné Kabongo, premier rôle masculin de « Juju Factory », reçoit l’Ecran du meilleur acteur. C’est un autre Congolais de la Rdc qui reçoit l’Ecran d’honneur pour sa carrière. Il s’agit du réalisateur Mweze Ngangura, auteur d’une douzaine de film.
L’Ecran d’espoir revient au Congolais Jo Tunda Munga distingué pour son premier film, « Papy ». Le jury de cette catégorie s’est vu obligé de décerner ce prix à deux réalisateurs. La Camerounaise, Hélène Ebah, réalisatrice de « Les blessures inguérissables » reçoit aussi l’Ecran de l’espoir. Le public, chauvin sur les bords, l’applaudit à tout rompre. Le Camerounais Ghislain Amougou, auteur du meilleur court métrage, « Le Pont », aura droit au même traitement. Son œuvre de deux minutes chrono a séduit autant le public que les membres du jury. Tous ces lauréats se voient remettre ou promettre des chèques d’un montant d’un million de francs. D’autres Camerounais se sont illustrés au cours de cette édition. C’est le cas du duo Pauline Etet et Théophile Ngwe pour le concours du meilleur scénario. Ces derniers, avec quatre autres scénaristes, bénéficieront d’une résidence d’écriture d’un mois à Libreville au Gabon. La prochaine édition des Ecrans noirs quant à elle se déroulera du 13 au 20 juin 2009.
« On est soulagé que cela se soit bien terminé. Dans l’organisation d’un événement comme celui-ci, il y a tellement de paramètres qui rentrent en jeu et qui font qu’on est sur le qui-vive de la première à la dernière journée », confie la directrice du festival, Patricia Moune Mbede. Mais avant, le public est invité à regarder un dernier long métrage. « J’ai serré la main du diable » de Roger Spottiswoode. Une adaptation cinématographique du livre du général canadien Roméo Dallaire. Comme l’an dernier, les écrans noirs s’achèvent sur le génocide rwandais de 1994. Une thérapie de Terre africaine pour que « ce qui est arrivé au Rwanda, en Côte-d’Ivoire, au Congo… ne nous arrive jamais », espère Bassek Ba Kobhio.

Palmarès Ecrans noirs 2008
Ecran d’honneur 2008 (hors compétition) :

Mweze Ngangura – Réalisateur congolais (Rdc)
Ecran d’or 2008 :
Balufu Bakupa Kanyinda (Rdc) pour son film « Juju Factory »
Ecran de l’acteur 2008 :
Dieudonné Kabongo (Rdc) pour son interprétation dans le film « Juju Factory »
Ecran de l’actrice 2008 :
Rabia Ben Addallah ( Tunisie) pour son interprétation dans le film « Feu d’oubli » de Selma Baccar
Ecran du court métrage :
Ghislain Amougou ( Cameroun) pour son film « Le pont »
Ecran de l’espoir :
Ex aequo Hélène Patricia Ebah (Cameroun) pour son film « Les blessures inguérissables » et Jo Tunda Munga ( Rdc) pour son film « Papy »
Ecran du scénario :
Pauline Darline Etet et Théophile Ngwe (Cameroun) pour la scénario « La révolte muette »
Les 4 autres scénarios qui participeront à la résidence d’écriture à Libreville :
« Les gens du fleuve » de Camille Mouyeke (Congo Brazzaville)
« Manga » de Serge Alain Noa (Cameroun)
« L’homme qu’il me faut » de Estelline Fomat (Cameroun)
« Course contre la montre » de Guy Landry Bana (Rdc).

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 10-06-2008