Affaire crédit foncier : La défense entre en scène 26 mai 2008
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JUSTICE
Les avocats dénoncent les rapports des experts
<span style=”font-size:14ptLes conseils de l’ex Dg du Crédit foncier du Cameroun ont ouvert le bal des plaidoiries de la défense
L’affaire de détournement de deniers public au Crédit foncier du Cameroun a repris ses audiences au Tribunal de grande instance du Mfoundi- Centre administratif. Hier, 26 mai 2008, les avocats de la défense ont entamé les plaidoiries. Vingt et un (21) accusés étaient présents dans le box à eux réservés. Pour l’occasion, ce sont les conseils de Joseph Edou qui ont ouvert le bal. Il est le principal accusé, est l’ex directeur général du Cfc. Il est sous mandat de dépôt de le 21 février 2006, et inculpés d’une part de détournement de deniers publics en coaction, d’intérêt dans un acte et de concussion. Et d’autre part de complicité en faux en écriture privée et de fabrication de preuve.
Son collège d’avocat n’a pu achevé la plaidoirie ouverte hier. Aujourd’hui, 27 mai 2008, Mben Sylvestre s’exprimera sur quatre chefs d’accusation. Il s’agit du détournement des véhicules, les prestations du cabinet Foumena Ngon, celles du cabinet Arthur Andersen, et les détournements perpétrés à travers le programme La Nsole. Les autres chefs d’accusations ayant été balayés par Mes Ngomo et Nnomo au cours de l’audience d’hier. Ces derniers ont défendu leur client durant près de 7h d’horloge. Revenant sur chaque chef d’accusation pour démonter le réquisitoire du ministère public. Pour ce qui est du chèque de 40 millions de Fcfa émis au compte de l’entreprise The Falls, Me Ngomo s’étonne de ce que son client a été présenté comme « propriétaire » de cette entreprise.
« Je ne comprends pas », dit-il en précisant que c’est une société ayant des actionnaires. Selon lui, le procureur de la République n’a pas démontré qu’il y a irrégularité dans l’émission de ce chèque. « Monsieur le procureur a certainement oublié que notre système répressif est devenu accusatoire », observe ironiquement Me Ngomo. Quant au détournement à travers les commissions, « il est inconcevable de dire qu’une banque se paie ses propres services », relève l’avocat. Quid du milliard que Joseph Edou aurait dissipé par « déficit d’investissement » selon l’expert Ndzie ? « Madame la président vous devez prendre avec beaucoup de prudence les arguments produits par les pseudo-experts », prévient Me Ngomo. Il précise que « déficit d’investissement n’existe pas », et conclut que « l’expert Ndzie a induit le procureur de la République en erreur ».
Et le virement de 321 millions de Fcfa jugé « suspect » par le ministère public ? Là aussi l’avocat pense que c’est une manifestation de l’incompétence des experts dont le rapport a servi de base de travail au juge d’instruction. Selon les réquisitions du 21 avril dernier, Joseph Edou est coauteur d’un détournement de 2, 205 milliards Fcfa dans la cadre du projet immobilier Olembe I, et 3,581 milliards Fcfa dans le projet Olembe II. Pour le Me Ngomo, « il n’y pas de détournements de deniers publics dans le cas d’Olembe I, ni Olembe II. Il est tout simplement question de l’incompétence des uns et des autres » Ce qui l’amène à penser que « c’est un procès en sorcellerie parce que tout est accusation ici ».
Edouard TAMBA
Said Djinnit prend le pouls de l’affaire Bakassi 26 mai 2008
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DIPLOPATIE
Said Djinnit prend le pouls de l’affaire Bakassi
Le président de la Commission mixte Cameroun-Nigéria est en visite au Cameroun. Au moment où le calendrier du respect des accords de Greentree piétine
La péninsule de Bakassi accueille des visiteurs aujourd’hui, 27 mai 2008. Il s’agit d’une commission chargée d’un ensemble de missions, dont le l’avancement du développement dans la région. Les travaux de cette commission s’ouvrent alors que le nouveau président de la Commission mixte Cameroun-Nigéria pour « une mise en œuvre pacifique de la décision de la Cour internationale de Justice relative au différend territorial entre les deux pays ». Le diplomate de nationalité algérienne, Said Djinnit, rencontre ce mardi, les ambassadeurs des pays témoins de l’accord de Greentree. Il s’agit de la France, l’Allemagne, le Royaume Uni et les Etats-Unis. Les Etats ayant pris part à la signature le 12 juin 2006, d’un accord entre le Cameroun et le Nigeria au sujet du transfert de souveraineté sur la presqu’île de Bakassi.
L’accord en question est consécutif à la décision rendant la souveraineté de Bakassi au Cameroun. Cet accord « ne peut en aucune manière être entendu comme une modification de l’arrêt de la Cour Internationale de Justice du 10 octobre 2002, dont il est une simple modalité d’application », peut-on y lire. Said Djinnit est au Cameroun depuis la soirée de dimanche dernier. Hier en matinée, il a été reçu par le chef de la délégation camerounaise à la Commission mixte Cameroun-Nigeria, Amadou Ali. Il s’est ensuite rendu à la Primature à 15h. Le temps d’un tête avec le Premier ministre, Inoni Ephraïm. Le contenu de ces différentes entrevues ne filtre pas.
« Il s’agit d’une visite de contact…et c’est une visite au pas de course », explique un responsable du ministère de la Justice. Selon lui, Said Djinnit est au Cameroun pour s’imprégner du dossier dont il a désormais la charge. Son passage fait suite à celui effectué au Nigeria. Le diplomate Algérien âgé de 53 ans remplace Lamine Cisse à la tête de cette commission. Le général sénégalais y assurais l’intérim depuis août 2007, à la suite de la nomination du Mauritanien Ahmedou Ould-Abdallah, comme son Représentant spécial du secrétaire général de l’Onu pour la Somalie. Said Djinnit est par ailleurs représentant du Ban Ki Moon pour l’Afrique de l’Ouest. Ce diplômé de l’Ecole nationale d’administration (Ena) d’Alger affiche des états de services remarquables au service de la sécurité et de la paix en Afrique.
Ancien secrétaire général adjoint de la défunte Organisation de l’unité africaine (Oua), commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union Africaine de 2003 à 2008, on lui attribue de nombreuse réalisations : la construction de l’architecture continentale de paix et de sécurité, avec l’initiation de la phase 2 pour la mise en place de la Force Africaine en Attente, la mise en place du système continental d’alerte rapide, et le renforcement du système de veille à l’échelle continentale… Ce dernier a mis ses talents de négociateurs à l’épreuve dans les conflits au Darfour, au Burundi, en Somalie, entre l’Ethiopie et l’Erythrée etc. Le respect de l’échéance du 14 août 2008 sera un coup d’essai pour lui. C’est à cette date que prend fin le régime de transition entre le Cameroun et le Nigeria sur la presqu’île querellée. La danse Bafia à laquelle se livre le parlement nigérian ces derniers temps augure d’une tâche ardue pour le diplomate.


