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Deux journalistes de Le Messager convoqués par la police 27 mai 2008

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POLICE JUDICIAIRE

L’Albatros fait escale à Le Messager

La journeé a commencé de façon bien particulière à l’agence Yaoundé du quotidien Le Messager. Un individu traverse la grille aux environ de 10h. Le visage fermé et l’air menaçant. L’agent comptable de l’agence s’enquiert de la raison de sa présence. Et l’autre de répondre qu’il a des convocations de la Police judiciaire à remettre. C’est donc un flic. Les convocations en question concerne deux journalistes de la maison. Il s’agit de Marie-Noëlle GUICHI, chef d’agence et coordonnateur de la Rédaction, et Jean François CHANNON, grand reporter.
En leur absence, l’adjoint au chef d’agence récupère les convocation. Et le policier s’en va. Les documents sont signés du commissaire divisionnaire Ntonga Benjamin, sous-directeur des enquêtes économiques et financière à la direction de la Police judiciaire. Il demande aux deux journalistes de se présenter à la porte 210 de Dpj dès réception de la convocation. ce pour ” comparaître par devant” ses collaborateurs et lui.
Ils doivent s’y présenter munis de leurs pièces d’identité. Et c’est sur place qu’ils seront informés du motif de la convocation. En attendant que ce motif leur soit notifié, il est possible de deviner le sujet. Le Messager dans son édition d’hier, 26 mai 2008 titrait en une : “Albatros - Des enquêteurs camerounais bientôt chez Boeing ” On peut y lire en puce : “Une mission doit être dépêchée aux fins de confronter les déclarations des protagonistes
Déjà une dizaine de personnes entendues
Le dossier réalisé à ce propos fait le point sur l’enquête préliminaire en cours, les différents protagonistes, les personnes déjà interrogées, et les ramifications de l’affaire Albatros. Il s’agit d’une acquisition foireuse d’un avion présidentiel en 2004. Le dossier révèle en outre que le Délégué général à la Sûreté nationale, Alain Edgar Mebe Ngo’o est impliqué. A ce propos, le patron de la police camerounaise a reçu un questionnaire des enquêteurs de la police judiciaire.
Les policiers voudraient probablement interroger les journalistes sur la source de leurs informations. Affaire à suivre…

Edouard TAMBA

Affaire crédit foncier : La défense entre en scène 26 mai 2008

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JUSTICE

Les avocats dénoncent les rapports des experts

<span style=”font-size:14ptLes conseils de l’ex Dg du Crédit foncier du Cameroun ont ouvert le bal des plaidoiries de la défense

L’affaire de détournement de deniers public au Crédit foncier du Cameroun a repris ses audiences au Tribunal de grande instance du Mfoundi- Centre administratif. Hier, 26 mai 2008, les avocats de la défense ont entamé les plaidoiries. Vingt et un (21) accusés étaient présents dans le box à eux réservés. Pour l’occasion, ce sont les conseils de Joseph Edou qui ont ouvert le bal. Il est le principal accusé, est l’ex directeur général du Cfc. Il est sous mandat de dépôt de le 21 février 2006, et inculpés d’une part de détournement de deniers publics en coaction, d’intérêt dans un acte et de concussion. Et d’autre part de complicité en faux en écriture privée et de fabrication de preuve.

Son collège d’avocat n’a pu achevé la plaidoirie ouverte hier. Aujourd’hui, 27 mai 2008, Mben Sylvestre s’exprimera sur quatre chefs d’accusation. Il s’agit du détournement des véhicules, les prestations du cabinet Foumena Ngon, celles du cabinet Arthur Andersen, et les détournements perpétrés à travers le programme La Nsole. Les autres chefs d’accusations ayant été balayés par Mes Ngomo et Nnomo au cours de l’audience d’hier. Ces derniers ont défendu leur client durant près de 7h d’horloge. Revenant sur chaque chef d’accusation pour démonter le réquisitoire du ministère public. Pour ce qui est du chèque de 40 millions de Fcfa émis au compte de l’entreprise The Falls, Me Ngomo s’étonne de ce que son client a été présenté comme « propriétaire » de cette entreprise.

« Je ne comprends pas », dit-il en précisant que c’est une société ayant des actionnaires. Selon lui, le procureur de la République n’a pas démontré qu’il y a irrégularité dans l’émission de ce chèque. « Monsieur le procureur a certainement oublié que notre système répressif est devenu accusatoire », observe ironiquement Me Ngomo. Quant au détournement à travers les commissions, « il est inconcevable de dire qu’une banque se paie ses propres services », relève l’avocat. Quid du milliard que Joseph Edou aurait dissipé par « déficit d’investissement » selon l’expert Ndzie ? « Madame la président vous devez prendre avec beaucoup de prudence les arguments produits par les pseudo-experts », prévient Me Ngomo. Il précise que « déficit d’investissement n’existe pas », et conclut que « l’expert Ndzie a induit le procureur de la République en erreur ».

Et le virement de 321 millions de Fcfa jugé « suspect » par le ministère public ? Là aussi l’avocat pense que c’est une manifestation de l’incompétence des experts dont le rapport a servi de base de travail au juge d’instruction. Selon les réquisitions du 21 avril dernier, Joseph Edou est coauteur d’un détournement de 2, 205 milliards Fcfa dans la cadre du projet immobilier Olembe I, et 3,581 milliards Fcfa dans le projet Olembe II. Pour le Me Ngomo, « il n’y pas de détournements de deniers publics dans le cas d’Olembe I, ni Olembe II. Il est tout simplement question de l’incompétence des uns et des autres » Ce qui l’amène à penser que « c’est un procès en sorcellerie parce que tout est accusation ici ».

Edouard TAMBA

Said Djinnit prend le pouls de l’affaire Bakassi 26 mai 2008

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DIPLOPATIE

Said Djinnit prend le pouls de l’affaire Bakassi

Le président de la Commission mixte Cameroun-Nigéria est en visite au Cameroun. Au moment où le calendrier du respect des accords de Greentree piétine

La péninsule de Bakassi accueille des visiteurs aujourd’hui, 27 mai 2008. Il s’agit d’une commission chargée d’un ensemble de missions, dont le l’avancement du développement dans la région. Les travaux de cette commission s’ouvrent alors que le nouveau président de la Commission mixte Cameroun-Nigéria pour « une mise en œuvre pacifique de la décision de la Cour internationale de Justice relative au différend territorial entre les deux pays ». Le diplomate de nationalité algérienne, Said Djinnit, rencontre ce mardi, les ambassadeurs des pays témoins de l’accord de Greentree. Il s’agit de la France, l’Allemagne, le Royaume Uni et les Etats-Unis. Les Etats ayant pris part à la signature le 12 juin 2006, d’un accord entre le Cameroun et le Nigeria au sujet du transfert de souveraineté sur la presqu’île de Bakassi.

L’accord en question est consécutif à la décision rendant la souveraineté de Bakassi au Cameroun. Cet accord « ne peut en aucune manière être entendu comme une modification de l’arrêt de la Cour Internationale de Justice du 10 octobre 2002, dont il est une simple modalité d’application », peut-on y lire. Said Djinnit est au Cameroun depuis la soirée de dimanche dernier. Hier en matinée, il a été reçu par le chef de la délégation camerounaise à la Commission mixte Cameroun-Nigeria, Amadou Ali. Il s’est ensuite rendu à la Primature à 15h. Le temps d’un tête avec le Premier ministre, Inoni Ephraïm. Le contenu de ces différentes entrevues ne filtre pas.

« Il s’agit d’une visite de contact…et c’est une visite au pas de course », explique un responsable du ministère de la Justice. Selon lui, Said Djinnit est au Cameroun pour s’imprégner du dossier dont il a désormais la charge. Son passage fait suite à celui effectué au Nigeria. Le diplomate Algérien âgé de 53 ans remplace Lamine Cisse à la tête de cette commission. Le général sénégalais y assurais l’intérim depuis août 2007, à la suite de la nomination du Mauritanien Ahmedou Ould-Abdallah, comme son Représentant spécial du secrétaire général de l’Onu pour la Somalie. Said Djinnit est par ailleurs représentant du Ban Ki Moon pour l’Afrique de l’Ouest. Ce diplômé de l’Ecole nationale d’administration (Ena) d’Alger affiche des états de services remarquables au service de la sécurité et de la paix en Afrique.

Ancien secrétaire général adjoint de la défunte Organisation de l’unité africaine (Oua), commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union Africaine de 2003 à 2008, on lui attribue de nombreuse réalisations : la construction de l’architecture continentale de paix et de sécurité, avec l’initiation de la phase 2 pour la mise en place de la Force Africaine en Attente, la mise en place du système continental d’alerte rapide, et le renforcement du système de veille à l’échelle continentale… Ce dernier a mis ses talents de négociateurs à l’épreuve dans les conflits au Darfour, au Burundi, en Somalie, entre l’Ethiopie et l’Erythrée etc. Le respect de l’échéance du 14 août 2008 sera un coup d’essai pour lui. C’est à cette date que prend fin le régime de transition entre le Cameroun et le Nigeria sur la presqu’île querellée. La danse Bafia à laquelle se livre le parlement nigérian ces derniers temps augure d’une tâche ardue pour le diplomate.

Edouard TAMBA

Mebara à nouveau entendu, Gankou libéré 23 mai 2008

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ENQUETES JUDICIAIRES

Mebara à nouveau entendu, Gankou libéré

Murmures et bal de baleines à la police judiciaire à Yaoundé

L’ex ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des finances, Jean-Marie Gankou, a été placé en garde à vue à la direction de la police judiciaire (Dpj) jeudi, 15 mai 2008. Pour une affaire de tentative d’assassinat. S’y trouve-t-il encore ? « Il faut aller chez le directeur, c’est lui qui peut vous informer », lance une dame, commissaire en service à la sous direction des stupéfiants à la police judiciaire. On est jeudi 22 mai 2008. Le couloir qui dessert le bureau est encombré de monde. « Le directeur n’est pas là, il vient de sortir. Revenez demain », indique une dame à son secrétariat. Sa réponse trouble le sommeil de son collègue. « On ne donne pas d’information à la presse privée. Ça ne se passe pas comme ça. Il vous faut une autorisation spéciale de la délégation générale de la Sûreté nationale », lance-t-il, énervé.


Plus loin, des sources proches de la Dpj indiquent que l’ancien ministre délégué chargé du Plan et de stabilisation de l’économie a été remis en liberté mercredi, 21 mai 2008. Déféré au parquet, il aurait bénéficié de la clémence du procureur de la République près le tribunal de grande instance du Mfoundi. Les mêmes sources affirment que c’est ce dernier qui aurait ordonné sa remise en liberté. Il est pour l’instant difficile de savoir ce qu’il en est de la suite de l’enquête. On se rappelle qu’il a fait l’objet d’une interpellation au motif qu’il aurait tenté d’éliminer physiquement son épouse. La police tiendrait cette version d’un charlatan appréhendé le 14 mai dernier. Les sources ne précisent pas si Jean-Marie Gankou a été inculpé ou relaxé.
Dans les coulisses de la Pj, le nom d’un autre ancien ministre fait l’objet de nombreux murmures. Selon des indiscrétions policières, on aurait aperçu M. Atangana Mebara Jean-Marie à la sous direction des enquêtes économiques. L’ex secrétaire général à la présidence de la République, y aurait été entendu dans la journée d’hier « entre 10h et 17h ». L’objet de l’enquête aurait encore porté sur l’affaire de l’« Albatros ». Cette audition fait suite à celle de l’ancien administrateur directeur général de la Cameroon Airlines (Camair), entendu le 13 mai dernier. La déposition faite par Yves Michel Fotso n’aurait pas caressée Atangana Mebara J.M dans le sens du poil.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 23-05-2008

Les Chinois inquiètent les aviculteurs camerounais 23 mai 2008

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FILIERE AVICOLE

L’empire du milieu attaque, les Camerounais tremblent

l’Inter professionnel avicole du Cameroun (Ipavic) et l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic) ont signé une convention de partenariat vendredi dernier. L’Etat s’engage à soutenir la filière

La boulimie de l’économie chinoise ne gène pas seulement les grandes puissances occidentales. L’inquiétude grandi chez les opérateurs de la filière avicole au Cameroun. Surtout depuis l’annonce de la construction du complexe « Huanyu Cameroon » au quartier Mvan à l’entrée sud de Yaoundé. Il s’agit d’un projet ayant des objectifs de production de l’ordre de 20 000 poulets de chairs par bande, et 80 000 œufs par jours. L’usine pourrait être opérationnelle d’ici décembre prochain. Le président de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic) y voit un réel danger. Face à la presse le 16 mai 2008, ce dernier rappelle que l’importation du poulet congelé au Cameroun entraînait la perte de 11 500 emplois dans la filière tous les ans. Selon lui, l’arrivée de l’Empire du milieu pourrait être tout aussi nuisible.

« Le véritable problème avec les Chinois c’est que tout est fermé entre eux. On ne sait pas exactement ce qu’ils sont entrain de faire », déclare le président de l’Inter professionnel avicole du Cameroun (Ipavic), Amadou Moussa lors de la même rencontre. Les responsables de l’Acdic et de l’Ipavic indiquent que ces Chinois sont déjà installés dans la province du Sud-Ouest, et évoluent dans l’opacité. « Personnellement ça ne m’effraie pas ; cela ne nous inquiète pas en tant que tel », relativise Amadou Moussa. Quoiqu’il en soit, « les Chinois nous trouverons sur leur chemin », promet Bernard Njonga. Cet optimisme est alimenté par deux nouvelles. Des promesses du gouvernement en vue de soutenir les opérateurs nationaux, et la signature d’une convention entre Ipavic et Acdic.

« Des choses concrètes sont entrain d’être faites…», affirme le président de Ipavic. D’après lui, le gouvernement aurait consenti à réserver 1 milliard de Fcfa à la subvention de la production avicole. A ce milliard s’ajoute 221 autres millions pour l’achat des œufs à couver. Ces œufs devraient assurer la présence d’une quantité de poulets de chair suffisante pour les prochaines fêtes de fin d’année. Quant au milliard de francs, l’Ipavic pense que ce sera utile à l’industrialisation de la filière « On va rentrer dans la modernité », projette l’Ipavic. Ce installant une chaîne d’abattage moderne, et des chambres froides pour la conservation du poulet. Des innovations qui pourraient permettre aux aviculteurs nationaux d’améliorer la production, le conditionnement et la conservation du poulet de chair. Les 20 500 tonnes de déficits de la production locale pourraient ainsi être couverts.

La convention de partenariat liant l’Acdic et l’Ipavic prévoit de veiller au respect d’un certain nombre d’engagements. Notamment l’interdiction d’importation du poulet congelé. Les deux associations envisagent aussi l’élaboration d’un code de norme pour les poulets et les œufs dans l’optique de la création du label « poulet-Cameroun », des actions de veille aux frontières du Cameroun, la mise sur pied d’un fonds de développement de l’aviculture…

Par Edouard TAMBA

In Le Messager du 22-05-08