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Hécatombe à Yemkout: le témoignage d’une victime 2 avril 2008

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HECATOMBE A YEMKOUT

La gendarmerie a laissé passer le car sans phares

Chauffeur, Germain Ekassi Noah a été témoin et victime du tragique accident du 1er avril 2008. Selon lui, la gendarmerie aurait laissé passer le car sans phares dont la majorité des occupants a perdu la vie.

Pouvez-vous revenir sur les circonstances de l’accident d’Efok, sur la route Yaoundé – Bafoussam ?
L’accident est survenu autour de 5h10-5h20. Je suis chauffeur de la camionnette Dyna immatriculée Ce 6452 Z. Je sortais de Ntui pour Yaoundé, chargé de régimes de plantains. A Yemkout, j’étais en train de gravir une côte quand une autre Dyna chargée amorçait un dépassement. Un camion dix roues venait en face, à vive allure. Ayant pressenti un choc, j’ai commencé à rabattre mon véhicule. Le chauffeur de la Dyna derrière moi a aussi réussi à rabattre sa voiture. En même temps, le conducteur de la “ dix roues ” a commencé à freiner. Mais il ne savait pas que derrière la Dyna se cachait le car Coaster de Amour Mezam. Ce car sortait de l’Ouest. Et n’avait pas de phares. Il profitait des phares de la Dyna. Ils se sont retrouvés face à face, à une distance de moins de trois mètres. Si le chauffeur du camion l’avait vu à 5 ou 6m, je crois qu’il aurait pu l’esquiver. C’est ainsi que le choc s’est produit.

Que s’est-il ensuite passé ?
C’est d’abord les villageois d’à côté qui nous ont secouru. Puis les Urgences de l’hôpital d’Obala sont arrivées. Les secouristes ont d’abord évacué les blessés vers cet hôpital. Il y avait des corps bloqués dans les carcasses. C’est après qu’on a pu les évacuer dans les morgues. Je ne peux pas vous dire combien de victimes il y a eu. La Dyna qui me suivait n’a rien eu. C’est dans la Coaster qu’il y a eu des morts. Il y avait beaucoup de petits enfants. Le chauffeur du camion est mort sur place. Je crois que son motor-boy n’a pratiquement rien eu. Ma camionnette a été bousculée, et je me suis retrouvé dans un caniveau.

Le ministre des transports était sur le lieu de l’accident. S’est-il adressé à vous?
Le ministre des Transports est arrivé autour de 9h. Il s’est entretenu avec le commandant de compagnie de Monatélé. Il m’a posé des questions. J’ai déclaré ce que j’ai vécu. Il a aussi demandé si la barrière de la gendarmerie de Monatélé était en place. J’ai bel et bien déclaré que la barrière de la gendarmerie était en place. Puisqu’ils m’ont contrôlé, et ils m’ont même fait perdre du temps. Il m’a même demandé pourquoi les gendarmes n’ont pas réussi à faire garer le Coaster qui n’avait pas de phares. A ce niveau, je n’ai pas pu faire de déclaration.

Entretien avec

Edouard TAMBA
In Le Messager du 03-04-2008

Perquisition au domicile de Abah Abah 2 avril 2008

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OPERATION EPERVIER II

Perquisition au domicile de Abah Abah

Les auditions des personnalités interpellées le 31 mars dernier à Yaoundé se poursuivent. La police continue ses enquêtes.

La nuit a dû être longue pour les personnalités interpellées lundi à Yaoundé. Ces dernières ayant dormi du 31 mars au 1er avril 2008 en détention à la direction de la police judiciaire à Yaoundé. Il s’agit de Polycarpe Abah Abah, Urbain Olanguena Awono, les Dr Maurice Feuzeu et Raphaël Okala. Quand à Luc Evariste Etogo Mbezele, il serait interné dans un hôpital de la ville suite à des ennuis de santé. Hier matin, l’ambiance est quasi similaire à celle de la veille. Une trentaine d’usagers sont regroupés à la droite du bâtiment. Attendant d’être appelés. Quatre policiers sont postés devant ce qui sert de parking à la Dpj. Mitraillette au poing. Ils dévient tous les passants et usagers. ” Les avocats ne sont pas encore là. Attendez là-bas “, répond un gardien de la paix au reporter aux environs de 9h. ” Les auditions se poursuivent à l’intérieur “, affirme une source plus tard, sans plus de détails. Ce que confirme Me Nouga, conseil de Abah Abah, face à la presse dans l’après midi.
L’avocat reste avare en déclarations, quant à la procédure et les charges pesant sur les personnes interpellées. ” Mon client, tout au moins, est en garde à vue, et est détenu dans les conditions de garde à vue des cellules camerounaises. Il a difficilement accès à ses avocats et à sa famille. Avec notre intervention, il réussit quand même à rencontrer sa famille et ses avocats “, indique Me Nouga. ” Les enquêtes sont en cours, et vous saurez le reste le moment venu. Pour des besoins professionnels, vous comprenez qu’en ce moment, je ne puisse pas donner la moindre information s’agissant de cette enquête. Elle relève du secret professionnel “, poursuit-il. Me Nouga se montre plus prolixe pour dénoncer des irrégularités dans la procédure en cours. Il dit ne pas comprendre qu’on interpelle quelqu’un avant de chercher les preuves pour l’accabler. Et de se plaindre : ” Nous avons passé la journée d’hier à attendre les faits pour lesquels M. Abah est interpellé “.
Me Nouga accuse…
Comme si cela ne suffisait pas, les médias en rajoutent, selon lui. ” Mon client est jeté à la vindicte des médias. Une personne arrêtée ne doit pas faire l’objet de commentaire aussi tendancieux “, estime l’avocat. Il pense que son client ne serait pas aussi riche que le prétend des journaux de la place. ” Dans cette bataille, la presse peut être facilement instrumentalisée, au bénéfice de la pauvreté, du ‘gombo’… “, croit Me Nouga. Ces mêmes médias, selon lui, ” indiquent une certaine inimitié entre Abah Abah et le délégué général à la Sûreté nationale “. Raison pour laquelle il avoue sa gêne quant au fait que l’enquête soit menée par les services de la police. L’avocat appelle la presse à soutenir une justice crédible. ” Sans une justice crédible, il ne peut avoir de lutte contre la corruption et les détournements. Je voudrais engager une bataille pour une justice crédible dans ce pays “, lance-t-il.
Et ” pourquoi la justice va être sérieuse seulement avec Abah Abah ? Pourquoi une telle prise de position alors que d’autres personnalités à l’instar de Edzoa Titus, Ondo Ndong, Engo Désiré, Mounchipou Seïdou… en souffrent ? ” lui demande les journalistes. ” Je suis sorti au moment où je me suis senti concerné. Il m’a constitué, et j’entends faire de la même manière pour ceux qui me constitueront. Je voudrais une justice crédible pour Abah, Paul Biya ou le dernier des vandales (…) A l’heure actuelle, notre justice court un risque “, se défend Me Nouga, pressé de rejoindre son client, Abah Abah. Le domicile de ce dernier est perquisitionné depuis hier aux environs de 17h, par les soins des policiers. Ils savent certainement ce qu’ils cherchent. Wait and see.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 02-04-2008