Quand Yaoundé s’enflamme_2 29 février 2008
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EMEUTES
Au moins deux morts à Yaoundé VIe
« Je vais attendre. S’il n’y a pas au moins 600 cents taxis dehors, je ne sors pas », prévient Vincent P., taximan. Ce dernier justifie sa prudence par le fait qu’il ignore ce qui se passe hors du quartier Mendong. Il n’est pas encore 7h dans le quartier, mais déjà des taxis font des apparitions sporadiques. Le bus est déjà en service, bondé de monde. Les commerces tardent à ouvrir. Des policiers veillent à la station service Tradex. Trois jours déjà qu’ils y passent leurs nuits. L’ambiance de ce vendredi, 29 février 2008, est loin de la tension qui a prévalu deux jours plus tôt. La journée de jeudi ayant été calme. Avec les commerces fermés. Seule la station service du coin a ouvert après des négociations entre le sous-préfet de Yaoundé VIe et la direction de Tradex.
Mercredi, 27 février. Un passant renverse le kiosque du Pmuc, en face de la station service, et s’en sert pour barrer la route. Quelques taximen qui avaient repris du service rebroussent chemin. Une escouade de gendarmes arrive sur les lieux. Ils lancent des bombes à gaz lacrymogène dans toutes les directions. La foule amassée un peu partout détale. Les boîtes de gaz tombent dans des domiciles, et dans le collège Itse. Le gaz s’infiltre dans les salles de classe et sème la panique chez les élèves en pleine composition. Les responsables leurs demandent de sortir des salles. S’ensuit une bousculade, car le passage est étroit. Filles et garçons ne se font pas prier pour escalader.
Des élèves s’écroulent, étouffent et se font piétiner. « 0n a du réanimer environ dix élèves qui avaient besoin de Ventolline [médicament pulvériser pour soulager les crises d’asthme, ndlr] », explique Dr Zelefack, préfet des études. Tandis qu’une autre dizaine d’élèves a été évacuée vers l’Hôpital de district de Biyem-Assi. Les forces de l’ordre se dirigent vers le marché et le lycée de Mendong. Le gaz lacrymogène sème la panique sur leur passage. Tous les établissements commerciaux ferment leurs portes. Les élèves des établissements du coin descendent dans la rue. Idem au collège Les Sapins. Ici des manifestants du carrefour Jouvence ont tenté de se réfugier dans les salles. Le gaz et la barbarie des bidasses ne distinguent pas les frondeurs des élèves en uniforme.
Vers 11h, des morceaux de parpaings, des éclats de pierre sur le bitume, et des morceaux de bois brûlés témoignent de la brutalité qui a prévalue. La vitre d’un bus a été cassée, après que la route ait été arrosée d’huile de vidange. Une vingtaine de gendarmes sécurisent les lieux, tout en molestant quelques manifestants aux arrêts. Des affrontements du genre ont eut lieu au niveau de Tam-Tam Week-end. Un taximan tabassé par la foule a succombé à ses blessures. Au niveau du Carrefour Biyem-Assi, c’est un élève du collège Ebanda qui a été bastonné à mort par les bidasses. Dans ces quartiers et les environs, les militaires de la brigade du Quartier général prennent position aux environs de midi. Ils occuperont les grands carrefours jusqu’au lendemain. Maintenant ainsi la ville dans une camisole d’intimidation.
Edouard TAMBA
Quand Yaoundé s’enflamme_1 29 février 2008
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YAOUNDE
Les manifestants bloquent la poste centrale
C’est un centre ville calme à Yaoundé ce matin du 29 février 2008. Taxis, motos et véhicules personnels vont dans tous les sens. Les commerces sont ouverts. A l’exception de quelques grades surfaces comme Score. Des éléments du Groupement spécial des opérations (Gso) ouvrent l’œil. Leurs confrères du Bataillon d’intervention rapide (Bir) occupent l’Avenue Kennedy. Il y’en a un sur tous les 20m. L’armée est ainsi à son deuxième jour de garde. Car le centre ville de Yaoundé n’a pas échappé à la furie du 27 février dernier. Une horde d’une centaine de manifestants sortis de nulle part, a pris position sur la place Amadou Ahidjo vers 11h30. Torses nus, les faciès laissant imaginer une tranche d’âge variant de 16 à 25 ans. Leur mouvement bloque la circulation au rond-point de la poste centrale.
« On veut le travail », « La vie est trop chère », « On souffre trop », scandent-ils sous le regard médusé de la population et de quelques policiers. Les véhicules venant du boulevard du 20 mai, de la montée Sni, de Mvog-Mbi, de la Sonel centrale… sont attaqués à coup de bâtons et de pierres. Quelques vitres et pare-brises volent en éclats. On apprend qu’ils viennent de semer la panique au marché central, tout en demandant aux commerçant de « grever ». Ces derniers se dirigent ensuite vers le boulevard du 20 mai. « Allez les gars, allons par ici », lance celui qui semble commander les « troupes ». Ils mettent au trot et avancent en criant leurs revendications. Destination : l’Immeuble étoile, siège du Premier ministère. Les lieux sont investis. Les manifestants secouent les grilles et continuent de se défouler en criant. C’est alors qu’ils sont surpris par …des militaires de la brigade du Quartier général.
La Grande muette est sortie des casernes. Treillis, mitraillettes de type AK 47, casques lourds, casques pour se protéger des détonations… Cinq manifestants tombent dans leurs filets. Ils sont passés à tabac. Les passants du boulevard du 20 mai et des environs prennent quelques « coups perdus ». Mal en prend les laveurs de véhicules installés à côté d’immeuble siège de la Campost. L’un d’eux a été stoppé par le staccato de la Kalachnikov. « J’ai seulement entendu tchak tchak et je me suis arrêté. Ils nous ont demandé de nous couché dans la boue. Ils nous ont tapé avec les fusils et les casques et ils nous ont fouetté tout le monde, 15 coups chacun », raconte une victime en présentant des ecchymoses au front. Par petit groupe, les militaires se positionnent devant les édifices publics. Un hélicoptère survole la ville. On apprend qu’il aurait repéré une bande de manifestants en marche vers le Palais de l’Unité à Etoudi…
Edouard TAMBA
Yaoundé: L’armée impose la grève à Mendong 27 février 2008
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YAOUNDE
L’armée impose la grève à Mendong
Les commerçants du marché de Mendong en sont encore interloqués. Ils sont réunis en petit groupes à travers le marché, et s’étonnent de la situation qui de leur est arriver. « On vient de voir le feu », lance un vendeur d’accessoires pour téléphones cellulaires. Une soixantaine de gendarmes à investit les lieux aux environs de 10h, ce 26 février 2008. Tous descendus de deux camions. Ceux-ci étaient suivis par une équipe de militaires occupant une Land-Rover de couleur verte. On pouvait y remarquer des grades de capitaine et commandant sur les épaulettes.
Ces bidasses ordonnent aux commerçants de fermer leurs boutiques. De même qu’à d’autres d’emporter leurs marchandises étalées à même le sol. « Fermez », s’entendent dire les vendeurs. L’injonction est suivie de lancés de bombes à gaz lacrymogène. « Monsieur on vous demande de fermer. Si vous ne voulez pas fermez, on va revenir et vous aidez à fermer », tempête un officier à l’endroit d’un tenancier de kiosque à journaux et livres. Les « hommes en tenues » s’orientent ensuite vers le lieu dit « Montée Maman bar ».
Les commerçants installés de part et d’autre de la route n’en croient pas leurs oreilles. « Vous ne grevez pas ? », lance un gendarme. « Il faut grever, on va vous aider à grever », poursuit-il. Ses propos sont suivis d’un tir de gaz lacrymogène. La bombe atterrit dans la parfumerie dénommée « Tresor cosmétique ». Un autre tir est adressé à ceux installés en face. La panique s’installe. Et tout le monde s’exécute. Salons de coiffures, ateliers de réparations de motos, restaurants… ferment sans demander leur reste. Leur mission accomplie, gendarmes et militaires mettent le cap sur « Tkc » au quartier Etoug-Ebe.
Le sous-préfet de Yaoundé VI, de passage dans la zone reçoit les plaintes des commerçants. Selon des témoignages, ce dernier s’est dit surpris par l’action des bidasses. Le chef de terre aurait dit aux vendeurs qu’il n’est pas au courant de cette instruction. Entre temps, le quartier est toujours assiégé par des équipes de policiers et gendarmes. Ceux-ci ont patrouillé dans la nuit de lundi à mardi, avant d’être relevé hier matin. Quant à la trentaine de personnes interpellées et gardée à la brigade de recherche de Efoulan lundi matin, près d’une quinzaine a été libérée. « C’était au cas par cas ; On m’a libéré hier autour de 19h20 », précise une source. Selon lui, les personnes qui semblaient avoir des difficultés sont les jeunes ne disposant pas de pièces d’identité.
Édouard TAMBA
Deux jour déjà que Le Messager en version papier n’est pas disponible. La faute à la situation qui prévaut dans la ville de Douala.
Scènes de guerre à Yaoundé 26 février 2008
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YAOUNDE
Scènes de guerre à Mendong
La grève des transporteurs été effective dans la capital politique du Cameroun. Certains quartiers ont connus des échauffourées entre des manifestants et des forces de l’ordre.
C’est un matin paisible à Mendong, ce lundi 25 février 2008. Dès 6h30, trottoirs et chaussées sont encombrés par quelques piétons et véhicules personnels. Pas l’ombre d’un taxi. Les moto-taximen font quelques va-et-vient. “ On ne travaille pas ”, répondent-ils à ceux qui les hèlent. Seul le bus est en service. Puis la tension monte d’un coup. Une “ armée ” de moto-taximen décide de barrer la route au lieu dit “ Entrée Simbock ”. Un bac à ordures et un poteau électrique sont mis à contribution. Les conducteurs de véhicules personnels sont priés de rebrousser chemin. Certains tentent de négocier le passage, et d’autres s’exécutent. Les éléments du commissariat du 9ème arrondissement descendent sur les lieux. Et le commissaire leur demande de manifester sans rien casser.
Son départ est suivi de l’arrivée d’un groupe de gendarmes de la légion du Centre, puis de policiers du Groupement mobile d’intervention (Gmi) n°1. Boucliers, casques, protège-tibias, bombe à gaz lacrymogène et autres fusils sont de mise. Ils demandent aux protestataires de dégager la voie. Un autre groupe de gendarmes arrive. Menés par le commandant Essomba. Il s’entretient avec le commissaire en charge du Gmi n°1. Entre plusieurs coups de fils, et des instructions par radio. Subitement, les forces de l’ordre foncent dans la foule et interpellent quelques personnes. Coups de bottes, de matraques, de crosse et de poings y passent. C’est alors qu’un civil gare son véhicule et se défoule sur un autre manifestant interpellé. “ C’est toi qui m’a barré la route tout à l’heure non, tu es malade ”, lui lance-t-il.
Les frondeurs tentent d’organiser la résistance. Mais une centaine de gendarmes s’ajoute. Leur camion se remplit de civils interpellés au fur et à mesure. Le commandant de la légion du Centre évalue la situation depuis son véhicule 4×4. Les forces de l’ordre font la boucle du quartier et repartent aux environs de 11h. Une trentaine de personnes sont emmenées. Détenues à la brigade de recherche d’Efoulan, elles n’avaient pas encore été entendues jusqu’à hier soir. Des éléments veillent à tous les carrefours du coin. Mendong est “ pacifié ”, mais, vient probablement d’obtenir une place dans la liste des “ quartiers chauds ” de Yaoundé.
Edouard TAMBA
In Le Messager On line* du 26-02-08
* La situation de tension qui prévaut dans la ville de Douala a privé le pays du quotidien Le Messager en version papier. C’est aussi le cas pour d’autres journaux tels que Mutations…
Ca chauffe à Kumba 26 février 2008
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Les centrales syndicales des transporteurs terrestres ont initié une grève illimitée sur l’étendue du Cameroun. Le mot d’ordre a pris effet lundi, 25 février 2008. Ce au moins dans les provinces du Centre, du Littoral, de l’Ouest, du Sud-Ouest et du Nord-Ouest. Et l’affaire a pris une autre ampleur. En témoigne ce mail reçu d’un habitant de Kumba. Là-bas comme dans d’autres villes, ça chauffe.
“
All business places in Kumba are completely shut down now. The main market has been locked. PMUC kiosks have all been smashed. A really wild crowed is going around with a crucifix written on it “Even Jesus di vex” (Even Jesus himself is angry).
I am just coming back from a little stroll in town. I had hoped to eat in one restaurant around the market. The place is closed. All other restaurants in town are closed. I got a hamburger from a bakery through the back door. Posted in front of a barricade around the main gate of the Kumba market are some notices:
“Biya is old and tired”
“No peace for the government till further notice”
“Wreckless government”
“Biya must go”
I am yet to see a notice or placard on the hike in the price of fuel. No body seems to be talking about the price hikes too. A friend in Douala called to inform me that a police man has been beheaded. I will like that information confirmed please.


