La famille du défunt chef Batcham dénonce un crime 26 décembre 2007
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Emmanuel DJIATIO
Choqué, le frère aîné du défunt chef s’exprime sur les circonstances du décès qu’il considère comme étant un crime.
« Les auteurs de ce crime seront traqués par tous les moyens »
Dans quelles circonstance est survenue le décès de votre frère cadet, le chef supérieur Batcham ?
J’aimerais d’abord dire que c’est avec beaucoup d’émotion que j’ai appris hier à 13h que mon frère n’est plus. Tout de suite je me suis lancé à la recherche et à la clarification de l’information. Toutes les sources d’informations recoupées, indiquaient que mon frère serait sorti la veille [17-12-07, ndlr] pour fêter la naissance d’un garçon chez l’une de ses épouses. Il est retourné tard dans la nuit, fatigué et est allé chez une de ses épouses se reposer. Laquelle a bien voulu le matin lui offrir le petit déjeuner et a remarqué qu’il était profondément endormi. C’était un jour de tribunal coutumier. Les responsables de ce tribunal ayant terminé l’audience, avaient besoin de son avis pour les conclusions des affaires qui étaient à l’ordre du jour. A ce moment, son secrétaire a exigé que son épouse le réveille, avec beaucoup d’insistance. Car plusieurs personnes souhaitaient le rencontrer pour des choses urgentes. Entre 11h et 12, ils se sont rendus compte qu’il était mort depuis longtemps.
Est-ce à dire qu’il n’y a encore aucune précision sur les causes de ce décès ?
Après l’annonce de son décès, les autorités administratives des Bamboutos et celles de la province de l’Ouest, notamment le préfet des Bamboutos, le médecin de l’hôpital provincial de Bafoussam, celui de Mbouda et celui de Batcham se sont aussitôt mobilisé avec l’arsenal de sécurité pour aller s’enquérir de la situation de cette mort brusque. Il faut rappeler que mon frère meurt comme ça à 36 ans, après six ans de règne seulement. Ils se sont rendus à Batcham, et ont exigé que l’autopsie soit faite. Ce qui a été fait, et nous attendons que le corps médical rende publique les causes de cette mort. Une enquête traditionnelle a été ouverte. C’est-à-dire que les notables et un certain nombre de personnalités traditionnelles sont sur une piste. Parallèlement une enquête judicaire est en cours. Actuellement, toutes ses épouses et ses proches sont entrain d’être entendus. Nous attendons que toutes les conclusions soient formulées pour que nous ayons toute la lumière sur cette mort soupçonneuse et brusque. Une mort pour laquelle nous pensons qu’un grand vide va rester à Batcham. Au regard des chantiers amorcés.
Avez-vous une idée de l’atmosphère qui a prévalu à la chefferie pendant le règne de votre frère surtout qu’il est arrivé au trône dans la contestation ?
Comme toutes succession, il y a eu quelques tribulations qui ont été rapidement calmées. Mais j’avoue que mon frère avait un règne de nouvelle vision. Jeune de son état, intellectuel et extrêmement dynamique. Il était prêt à mettre un certain nombre de chose en ordre. Dans un pays où la transparence est rare. Je ne vais pas mettre son décès au compte de cela. Mais il n’est pas exclu que avec toute l’énergie qu’il déployait pour refaire l’autorité traditionnelle et le fonctionnement du village, il pourrait avoir des gens tapis dans l’ombre qui lui en voulait. Il est quand même à noter que quelqu’un qui meurt à cet âge là, sans être malade… Il revenait de Bertoua où il était aller assister à l’installation du gouverneur Lele Lafrique. On s’est même vu à Yaoundé quand il rentrait. Je suis extrêmement choqué par une situation comme celle là. Les enquêtes vont se poursuivre, et je puis vous assurer que la famille insiste pour que toute la lumière soit faite sur ce scandale. Les auteurs de ce crime seront traqués par tous les moyens.
Réalisé par
Edouard TAMBA
Les bacs à ordures sont incontournables à Yaoundé 26 décembre 2007
Posted by TAMBA in Entretiens.Tags: Gestion des déchets
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Emmanuel NGNIKAM
“ Yaoundé sans bac à ordures n’est pas envisageable”
Docteur en sciences et techniques de déchets, et co-auteur avec Dr Emile Tanawa, de l’ouvrage “ Les villes d’Afrique face à leurs déchets ”, il explique pourquoi Yaoundé ne peut se passer des bacs à ordures et préconise des méthodes alternatives.
Peut-on envisager une ville comme Yaoundé sans bacs à ordures dans la rue ?
Yaoundé sans bac à ordures pour l’instant, et pour un horizon lointain n’est pas envisageable. Ce pour deux raisons principales. La ville de Yaoundé n’a pas de route. On est à moins de 15 Km par hectare (Ha) urbanisé. En urbanisme, le ratio optimal c’est autour de 40 Km de route /Ha urbanisé. Avec ce déficit criard de voirie, il y a des zones qui ne sont pas accessibles par camion.La seule possibilité pour ces personnes-là de pouvoir être desservies, c’est qu’elles puissent verser leurs ordures dans un bac placé à un endroit accessible par camion.
L’autre raison tient du fait que les quartiers de Yaoundé ne sont pas construits de la même façon. Il y a les quartiers dits à habitats spontanés, où les habitants sont à plus de 400 voir 500m des routes carrossables. Le porte-à-porte n’y est pas envisageable. Pour celui qui a la volonté d’enlever ses déchets, s’il entend même le klaxon du camion, il n’arrivera pas en route à temps. Il faut aussi relever que tous les ménages n’ont pas quelqu’un à la maison en permanence. Les parents travaillent et les enfants vont à l’école. Les périodes de production d’ordures chez ceux-là ne correspondent pas toujours à la fréquence de passage des camions. Donc le bac à ordures leur permet de faire sortir leurs ordures, avant le passage du camion.
Pour ces principales raisons, on ne peut pas envisager, même à moyen terme, de faire une collecte des déchets sans bac. Le porte-à-porte n’est envisageable que pour certains quartiers. A condition que les ménages soient accessibles, et qu’il y ait un accompagnement social en terme de communication et de sensibilisation.
La collecte d’ordures par la méthode du porte-à-porte semble pourtant réussir en Occident et dans quelques villes d’Afrique…
En Afrique subsaharienne, je ne connais pas de ville qui ne fasse que le porte à porte. Parce que la description que j’ai faite de Yaoundé est valable pour ces villes. Dans les villes européennes où le porte à porte est privilégié, ils ont réuni deux atouts assez forts. Chaque ménage y a une adresse ce qui suppose qu’ils sont accessibles par véhicule. Les communes y ont pu convaincre les habitants, de sorte que chaque habitation a une poubelle normalisée ; munie d’un couvercle. Une telle poubelle permet de stocker les ordures à la maison sur une période relativement longue, et sans trop de risques. Ce qui est loin d’être le cas chez nous. Ici vous ne pouvez pas stocker les déchets pendant plus de deux jours sans être gêné par les odeurs. C’est pour ces raisons que le porte à porte marche en Occident. Jusque-là, ils combinent avec les bacs. Tous les lieux qui peuvent rassembler des personnes ont des bacs. C’est aussi le cas à l’entrée des immeubles collectifs.
Quelle est, à votre avis, la solution pour une bonne maîtrise des déchets ?
La meilleure façon de maîtriser nos déchets, c’est d’abord de pouvoir les collecter convenablement. Si on peut sortir toutes les ordures produites, et les stocker à un endroit bien maîtrisé à l’abri des impacts sur l’environnement. Le reste en termes de valorisation et de traitement vient après. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas encourager les initiatives. En le faisant, il faut être conscient que ces initiatives ne peuvent traiter qu’une partie des déchets que nous produisons. Sachons d’abord bien les collecter, et bien les mettre en décharge. Déjà dans notre contexte, malheureusement, on n’a pas de décharge. En dehors de Yaoundé qui peut se prévaloir d’une décharge acceptable, aucune ville du Cameroun n’en a une. Même pas Douala.
Que faut-il justement faire, pour optimiser cette collecte des ordures ?
Si on veut arriver à sortir l’essentiel de nos déchets, il faut qu’en plus du travail fait par Hysacam, qui est louable et indispensable, on allie des opérateurs qui n’ont pas les mêmes moyens d’intervention, et qui puissent aller chercher les déchets dans les quartiers avec des moyens beaucoup moins performants que les camions. Notamment les pousse-pousse et le transport manuel. Il y a déjà quelques initiatives du genre sur le terrain. Je pense qu’elles méritent d’être soutenues par les pouvoirs publics.
Entretien avec Edouard TAMBA
In Le Messager du 21-11-2007



