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Ebolowa: Le comice agropastoral encore attendu 18 novembre 2007

Posted by TAMBA in Grands reportages.
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Le site du Comice dans la brousse

Initiative de développement / Comice Agropastoral d’Ebolowa

20 ans après : chronique d’un comice manqué

Le site réquisitionné par le gouvernement pour le comice agropastoral de 1988 à Ebolowa est à l’abandon.

1- De hautes herbes à la place des stands
Des hautes herbes. Principale végétation du site réservé au comice agropastoral de 1988 à Ebolowa. Le site en question se trouve à Ngalane. Un village de Ebolowa Ier, sur l’axe qui mène sur Lolodorf. L’espace en forme de triangle a une surface de 38 hectares selon le “ propriétaire ”, Mvondo Ongotto Jean Albert. Parti du centre ville, le bitume se sépare au sommet de ce triangle pour en desservir deux côtés. L’endroit est en majorité recouvert de hautes herbes et d’arbres. Aucune trace des stands aménagés à l’époque pour accueillir le comice.
Le ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader) y a fait construire des cases communautaires. Des palmiers à huile et des bananiers - plantains y ont été plantés par la Minader. Le commissariat de sécurité publique du 4e arrondissement a été installé sur les lieux. Ainsi que d’autres bâtiments administratifs. Des paysans ont défriché çà et là pour les semailles. Quelques unes s’y affairent encore à retourner la terre en cette mi-journée du 18 octobre 2007. Une incursion dans la broussaille permet de découvrir des étangs à l’abandon. De même que des troncs d’arbustes fraîchement coupés.
“ Il y a le village voisin qui a aussi donné du terrain, pour l’atterrissage de l’hélicoptère du président de la République ”, indique Mvondo Ongotto J.A. Non loin du site justement, un héliport a été aménagé. L’héliport est au village Akak-Essatolo. Dans la brousse. Attendant toujours l’atterrissage du président de la République pour le comice agropastoral. Entre temps, l’aire sert de cour de jeu aux élèves de l’école publique du village. Des traces de pneus laissent croire que des apprentis chauffeurs s’exercent souvent dans le coin.

2- Du rêve à la désillusion

Vingt ans que ça dure. Et on s’en souvient à Ebolowa comme si c’était hier. Lors de la clôture du comice agropastoral de Maroua en 1987, le président de la République, Paul Biya, annonce la tenue de la prochaine édition à Ebolowa. Des instructions sont données au maire de la ville, Enam Mba Samuel pour qu’il trouve un site adéquat. Le relief accidenté rend les recherches infructueuses. Jusqu’à ce qu’un site adéquat est découvert au village Ngalane, à l’extrémité de la ville. Les terres appartiennent à Mvondo Ongotto Jean Albert et ses frères. Mais le premier n’est pas très “ chaud ” pour céder l’héritage familial. Encore qu’il y a une vaste plantation de cacaoyers.
Son épouse l’amène à changer d’avis. Elle lui rappelle que le domaine aurait dû accueillir le collège Bonneau qui “ fait la fierté d’Abang ”, le village voisin. A l’époque, des missionnaires canadiens avaient sollicité l’endroit, mais le père de son époux refusa. Un deuxième refus serait de trop. Et le contraire serait l’occasion de rendre au village sa fierté avec des infrastructures de développement. Le vieux cède. Il s’en réjouit même. Puisque le bitume et les lignes d’électricité arrivent enfin à Ngalane. Les prémices d’un futur radieux, selon lui.
Des constructions en matériaux provisoires, et des étangs piscicoles sont faits sur le site. La population de la Mvila en général, et celle de Ngalane en particulier se mettent au travail. Animaux de bétails, volailles et poissons d’eau douce sont nourris en double ration. Les agriculteurs s’y mettent aussi. Qui pour le plus gros régime de plantain, le plus gros melon, la plus grosse tubercule de manioc, le plus long bâton de manioc … Il faut faire sensation et remporter le premier le prix. La date retenue finit par arriver. Une année après, les paysans ne voient rien venir.

3- De l’espoir au bout d’un discours
Rendez-vous est pris pour l’année suivante. Une fois de plus, le comice agropastoral d’Ebolowa avorte. La population apprend que l’annulation du comice est officielle. L’Etat parle de “ crise économique ”. L’avenir radieux se transforme en cauchemar. “ Tout le monde a été découragé ”, selon un paysan du coin. Les installations sont pillées. “ Ce sont les responsables les ayant construites et gérées qui ont commencé à les démonter. Ils ont volé et la population en a profité ”, se souvient-il. L’administration a réagi à cet incivisme. “ L’armée a fouillé les maisons dans le village. Des gens ont été arrêtés, puis relaxés ”, poursuit notre source.
Le temps est passé. Les cultures ont repris sur le site à la faveur d’une autorisation de l’administration. “ C’est maintenant que je recommence à cultiver. J’avais arrêté. ”, lance Mme Mvondo Aka’ayele. Et d’ajouter qu’elle “ continue à faire mes cultures. J’ai eu une médaille le 20 mai 2007 pour l’agriculture ”. Son époux et elle croient encore à la tenue d’un comice agropastoral à Ebolowa. Le premier s’en tient aux propos du Minader, Jean Nkuete, le 16 octobre 2007.
A l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, le vice-Premier ministre aurait promis le comice. “ La ville d’Ebolowa jouera un rôle déterminant dans l’organisation des prochains comices provinciaux et nationaux ”, rapporte un confrère local qui dit citer Jean Nkuete. Aucune trace de ces mots dans la copie du discours. Approché par la presse au cours de cette cérémonie, ce dernier aurait précisé que ce n’est pas une promesse ferme. Trop tard ! “ On était au nombre de 7. Mes frères sont tous morts. J’espère que je serai encore vivant ”, dit Mvondo Engotto J.A. Comme lui, plusieurs paysans ont repris espoir. Et recommencent à attendre. Vingt ans après la promesse officielle.

Par Edouard TAMBA A Ebolowa
In Le Messager du 23-10-2007

Gestion du Bip : Le rapport qui dénonce 18 novembre 2007

Posted by TAMBA in Economie.
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INVESTISSEMENT PUBLIC

Gestion du Bip : Le rapport qui dénonce

Les projets d’investissement publics régulièrement détournés ou mal exécutés

1-Le tableau noir du Centre-Sud
Où en est-on avec l’aménagement du parc de la Mefou ? Ce projet annoncé à grand renfort de communication au début des années 2000 est introuvable à Mfou. Pourtant 35 millions de Fcfa ont été débloqués sur le budget d’investissement public de 2003 et 2004 pour les travaux. Ce cas qui s’apparente à un détournement de projet ou de deniers publics n’est pas unique au Cameroun. Quatre-vingt quatorze (94) projets sur cent quatre-vingt dix-sept (197) sont introuvables sur le terrain. Il s’agit projets annoncés par les journaux annuels de projet pour la période allant de 2000 à 2005 pour quatre communes du Cameroun. Akono et Mfou dans la province du Centre, Ngoulemakong dans le Sud et Mbengwi dans le Nord-Ouest. Ces projets concernent en priorité les secteurs de l’éducation, la santé l’énergie, l’eau, les infrastructures routières, la production rurale et l’administration.
Les chiffres viennent d’être rendus public par le Centre d’accompagnement de nouvelles alternatives de développement local (Canadel). A l’issue d’« étude pilote sur l’utilisation du budget d’investissement public dans quatre communes ». Cent vingt devraient être réalisés dans le Centre et le Sud. Le tout à hauteur de 1milliard, 821 millions 546 mille Fcfa. Soixante neuf (69) seulement ont été identifiés. Soit 40 sur 88 à Mfou. 18 sur 21 à Akono, et 11 sur 11 à Ngoulemakong. Le cas de Mfou est le plus criard avec à peine 30% des travaux réalisés. Le chantier de construction de l’Ecole normal des instituteurs de l’enseignement général (Enieg) est à l’abandon. Après avoir englouti 200 millions dans le Bip de 2002. La réhabilitation du poste forestier d’Edzassana dans la même commune est aussi à l’abandon. Malgré les 10 millions de Fcfa extraits du Bip de 2001.
Dans l’arrondissement de Mfou, quarante-huit (4 8) projets sont introuvables ; vingt-sept entièrement (27) réalisés, un (1) en cours de réalisation ; neuf (9) inachevés et trois (3) non réalisés. Dix-huit des projets d’Akono ont été identifiés. Et quinze en ont été réalisés. Pour ce qui est de Ngoulemakong, neuf projets sont bouclés tandis deux sont inachevés. Soit un taux de réalisation de 81,8%. Mais ici, l’envers du décor n’a rien d’amusant. Ici, un seul projet est jugé de bonne qualité. « Sur les 11 projets de la commune de Ngoulemakong, 7 ont été classés dans la catégorie des projets mal réalisés », relève le Canadel. Mfou et Akono ne sont pas mieux loties en terme de qualité. La première commune a cinq bonnes réalisations sur 37, et 3 sur 18 pour la seconde.

2-Les maires accusent
Les initiateurs de l’étude expliquent ces insuffisances dans la gestion du Bip en une huitaine de paramètres. Selon eux, plusieurs projets « préparés et présentés dans le journal des projets sont nébuleux », du coup l’identification et l’évaluation se compliquent. C’est ainsi par exemple que 1 millions de Fcfa ont été débloqués en 2005 pour le Gic des femmes productrice de palmiers à huiles et de manioc. Mais, « ce financement n’est jamais parvenu au Gic bénéficiaire. Ces femmes, jusqu’à ce qu’on le leur annonce, ignoraient complètement que leur structure avait fait l’objet d’un financement du Bip », affirme le Canadel. De plus, les projets ne correspondent pas toujours aux desiderata de la population. « Ce sont les entrepreneurs qui le plus souvent vont négocier les projets qu’ils aimeraient réaliser dabs une localité donnée », apprend-on. L’influence des élites, le clientélisme et l’opacité du processus font le reste.
Ici, les maires concernés se défendent. « Le maire, en la situation actuelle des choses n’est ni de près ni de loin mêlé à la gestion du Bip. C’est un peu une aberration. Le maire n’intervient ni à l’élaboration, ni à la phase de mise en œuvre, encore moins au suivi. Nous ne pouvons pas assumer la qualité de la prestation publique rendue à la population. Et c’est nous qui portons le mandat », décrie l’ex maire de Mfou, Protais Atangana dans un document vidéo réalisé par le Canadel. Son confrère de Ngoulemakong, Anicet Akoa, appuie : « Nous avons constitué notre commission communale des marchés qui ne s’est jamais réunie. Ça veut tout dire, mais, Au moment de lancer le marché, bizarrement vous n’êtes plus impliqué. Au moment du choix et du début des travaux vous n’êtes même pas saisi ».
William Sollo, maire d’Akono n’en dit pas moins. « Même la planification qu’elles auraient pu faire n’existe pas ou n’est pas prise en compte. La population peut accorder la priorité à l’électricité, et le Bip décide de faire une route qui va disparaître dans trois mois à cause de la saison des pluies », remarque-t-il. Ceux-ci, autant appellent à élaboration participative du Bip. Ce qui entraînerait le droit de regard des municipalités dans les phases d’exécution de suivi et d’évaluation. La Canadel propose même de confier la gestion du Bip aux maires. « La commune devrait quitter le stade de l’outil administratif où on signe les actes, pour devenir un catalyseur du développement local », pense le coordonnateur, Jeanot Minla Mfou’ou. Depuis 2006, l’Etat publie le journal des projets dans la presse. Volonté de transparence ou diversion ? Voire.
Edouard TAMBA

In Le Messager

De l’importance du Bip
Le Budget d’investissement public « consiste en une forme de programmation des opérations à réaliser par l’Etat pendant une année ». Selon le coordonnateur du Canadel, ce budget est d’autant plus important parce que « de toutes les sources de financement possible de développement il y’en a une qui est très permanente et sûr à 100%, c’est le Bip d’un Etat ». Et, « l’Etat n’est légitime à exister et fonctionner que s’il œuvre au financement du développement et lutte contre la fracture sociale par des actions à effets réels et mesurables sur le niveau de vie des populations ».